Sèvres, du château de Harewood...

Le 21 janvier 2021, par Claire Papon

Cette paire de vases couverts en pâte tendre de Sèvres à décor de couples galants a fait partie de la collection du château de Harewood. Excusez du peu…

Manufacture de Sèvres. Paire de vases cassolettes allemands en porcelaine tendre à décor polychrome de couples galants sur une face, de bouquets de fleurs sur l’autre, dans des réserves ovales sur fond bleu nouveau, rehauts de peignés et cannelures or, et perles en relief, vers 1768-1770. 17,5 22 18 cm.
Estimation : 30 000/40 000 

C’est à Charles-Eloi Asselin, peintre de figures sur porcelaines tendres et dures à la manufacture de Sèvres, que l’on doit ce décor dans le style de Nicolas Lancret, aux bouquets de fleurs dans des réserves ovales se détachant sur un fond bleu nouveau. Et c’est à Michel Coudray (ou Ducoudray) qu’est attribué le modelage. La forme a été imaginée par Jean-Claude Duplessis père (1699-1774) et son modèle en plâtre, reproduit par Albert Troude, est conservé dans les archives de la fabrique, sous le nom de «vase allemand uni». Il est probable que l’appellation «cassolette» ait été employée à l’origine pour désigner la forme de ces vases, rien dans les registres de vente ni dans les inventaires ne venant le corroborer. Celui du 1er janvier 1774 mentionne une cassolette verte à décor d’enfants, prisée 432 livres, peut-être la paire conservée à la Wallace Collection à Londres. Rares sont les exemplaires connus de ce modèle. Notre ensemble rejoint la collection rassemblée par Edward, vicomte Lascelles (1764-1814), au château de Harewood dans le Yorkshire, commencée au tout début du XIXe, à Paris et à Londres, poursuivie avec du mobilier et des peintures anciennes. Et enrichie grâce aux présents de George IV, les deux hommes partageant une passion pour la porcelaine française. Conservée à Harewood House, notre paire fut vendue par Christie’s à Londres le 1er juillet 1965, puis plus récemment par la même maison.

Agenda
Deux vacations attendent les amateurs de céramiques européennes : la première (28/1) s'adresse à ceux de porcelaines, la seconde à ceux de faïences. Pâtes tendres, pâtes dures, pièces de service et de forme, groupes et statuettes, biscuits, fonds colorés, XVIIIe et début XIXe… se succèdent, aux marques de Tournai, Chantilly, Doccia, Vienne, Mennecy, Saint-Cloud, et bien sûr Sèvres et Vincennes. Une centaine à 3 000 € en sont espérés, à quelques exceptions près. 30 000/40 000 € sont ainsi attendus d'une paire de vases cassolettes en pâte tendre de Sèvres à décor de couples galants dans le style de Nicolas Lancret, 8 000/12 000 € d'un groupe, de Sèvres également, figurant Don Quichotte, 4 000/5 000 € d'un autre, de Sèvres et en biscuit de pâte tendre toujours représentant Pygmalion et Galatée. Si le panorama des faïences couvre essentiellement les fabriques françaises (du Midi à Rouen en passant par Roanne, Nevers et l'Est), un détour par l'Italie s'impose dont une trentaine de majoliques – Castelli et Faenza, Savone, Deruta, Doccia, Naples, etc. – prennent le chemin des enchères. Tous les regards seront tournés vers une coupe d'accouchée d'Urbino, vers 1530, pour laquelle 20 000/30 000 € sont avancés.
jeudi 28 janvier 2021 - 02:00 - Live
Salle 2 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Pescheteau-Badin
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