Retour à la nature

Le 27 février 2020, par Claire Papon

Mêlant spontanéité et sophistication, cette toile de Léonard Foujita traduit l’amour du peintre pour le monde de l’enfance et celui de la nature.

Léonard Tsuguharu Foujita (1886-1968), Fillette au jardin, lys et liserons, huile sur toile, vers 1960, 35 24 cm.
Estimation : 60 000/80 000 €
© Fondation Foujita / ADAGP, Paris 2020

S’il est un artiste qui ne connaît pas la crise, c’est bien lui, dont les œuvres bénéficient depuis de nombreuses années de la faveur d’un public d’amateurs français, mais aussi américains, russes, japonais et chinois. Si les grands nus blancs et les madones se détachant sur un fond doré battent régulièrement des records, notre toile séduira par ses dimensions modestes rappelant celles des icônes, mais surtout par le naturel et la délicatesse de cette petite fille surprise parmi les fleurs, et dont le geste évoque celui des modèles de Raphaël. On sait combien l’artiste appréciait les impressionnistes et à quel point il fut imprégné par la peinture et la culture occidentales, notamment celle de la Renaissance. Né au Japon dans une famille de samouraïs, il débarque à Paris en 1913, son diplôme de l’École des beaux-arts de Tokyo en poche, et devient vite une figure excentrique du Montparnasse bohème. Après des voyages en Amérique du Sud et au Japon, il revient en France. En 1961, il se met au vert à Villiers-le-Bâcle, à la lisière de la vallée de Chevreuse, et partage une vieillesse idyllique avec sa compagne japonaise, au contact de la nature et des enfants du village. Converti au catholicisme le 14 octobre 1959, il prend le prénom de Léonard, en l’honneur du maître italien. Notre toile, signée «L. Foujita», a été exécutée au début des années 1960. Acquise à la galerie Pétridès, elle est conservée depuis de nombreuses années dans la même collection parisienne et figurera dans le quatrième tome du catalogue raisonné de l’artiste.

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