Un bitong du XIXe siècle en zitan

Le 09 décembre 2020, par Caroline Legrand

Un objet de lettré en bois de zitan, voilà de quoi faire rêver de nombreux collectionneurs d’art chinois. Ce grand bitong présente de plus un rare décor de cérémonie taoïste.

Chine, époque Qing, XIXe siècle. Bitong bihai en bois de zitan finement sculpté en léger relief, représentant une cérémonie taoïste, le fond rapporté en bois laqué, h. 18,6, diam. 24,6 cm.
Estimation : 30 000/50 000 

On connaît le goût des collectionneurs d’art chinois pour tous les précieux objets de lettré. Aux côtés des pinceaux, de la pierre et du batonnet à encre ainsi que du papier, le pot à pinceaux, nommé «bitong», figure en bonne place. Existant depuis la dynastie Song (907-1279) – sous laquelle s’épanouissent les arts des lettrés, associant peinture, calligraphie et poésie –, cet objet a été décliné par les artistes en différents matériaux : porcelaine, ivoire, bambou ou encore bois rares, tel le zitan. Appelée également santal pourpre, ou Pterocarpus santalinus de son nom latin, cette essence tropicale serait originaire d’Asie du Sud-Est et du sud de l’Inde. Une légende veut que le grand amiral Zheng He en ait rapporté d’Afrique au début de l’époque Ming… De par sa provenance lointaine, sa surface au lustre brillant et l’étonnante odeur qu’il dégage quand on le coupe, ce bois, dont la couleur rouge tend vers le noir en vieillissant, a été la source de nombreuses convoitises. Plusieurs espèces de zitan ont été découvertes au fil des siècles dans différents lieux, qui ont pu remplacer celle d’origine, largement épuisée durant le règne de Qianlong. Il faut dire que sa texture dure et dense permet une sculpture parfaitement ciselée, d’une perfection digne des plus grands personnages de la cour et des plus éminents lettrés. En léger relief, le décor de cet exemplaire est d’ailleurs du plus grand intérêt. Il décrit une cérémonie taoïste, s’enroulant sur toute la surface de la pièce. Le dieu de la longévité Shoulao, les dieux tao et le daim y sont représentés sur une terrasse arborée de bambous, d’un pin de longévité, d’érables et d’un buisson de citrons digités, ou «mains de Bouddha», symbole de bonne fortune. On peut encore apercevoir un pavillon surmontant une mer de paradis animée de vagues écumantes, la partie supérieure étant ornée de nuages en forme de ruyi. Une telle richesse ornementale est source d’inspiration pour son propriétaire.

Agenda
Pleins feux sur les arts d'Asie le 12 décembre avec tout d'abord un grand bitong bihai chinois du XIXe sièclee, en bois de zitan sculpté d'une cérémonie taoïste, qui pourrait atteindre les 30 000/50 000 €. Provenant du Tibet, une statuette en bronze doré représentant le bouddha Amitayus assis sur un socle lotiforme, tenant une coupe d'offrande, le visage souriant et coiffé d'un diadème surmonté d'un chignon, se négociera à 20 000/30 000 €. Nous remarquerons encore des porcelaines, des émaux cloisonnés, des peintures dont l'une de belles dimensions fin XVIIIe-début XIXe en kesi rehaussée de polychromie sur fond marron, représentant Shoulao accompagné d'un daim (6 000/8 000 €)… Sans oublier des pierres dures avec un écran de lettré XIXe de forme rectangulaire en jadéite veiné de vert, finement sculpté d'une embarcation descendant un fleuve (même estimation). 
samedi 12 décembre 2020 - 03:00 - Live
Toulouse - 7, rue d'Astorg - 31000
Marambat - de Malafosse
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