La liberté selon Paul Rebeyrolle

Le 14 septembre 2021, par Claire Papon

Peintre de la révolte, Paul Rebeyrolle laisse des œuvres puissantes et tourmentées, mais aussi des paysages plus apaisés. La preuve avec cette toile des années 1950.

Paul Rebeyrolle (1926-2005), Paysage, huile sur toile, vers 1950-1953, 162 114 cm.
Estimation : 5 000/8 000 

Qu’importe que le lieu soit identifié, ce qui compte c’est la force qui se dégage de la nature. On sait combien Paul Rebeyrolle était attaché à la terre de son enfance, Eymoutiers, dans le Limousin – où un espace lui est dédié depuis 1995 –, même s’il avait installé son atelier en Côte-d’Or. Il fuyait Paris, où il ne pouvait peindre, même s’il s’était posé à la Libération et pour une dizaine d’années à la Ruche, fréquentant les ateliers libres de la Grande Chaumière à Montparnasse. Artiste prolifique, il cultiva un lien charnel avec la peinture. Ses tableaux tourmentés, et à la matière épaisse, mettent aux prises des personnages fuyant quelque chose ou quelqu’un. Rebelle aux écoles, il admira l’art du Tintoret, de Titien, de Vélasquez, de Rembrandt, et surtout de Soutine et de Courbet. S’il ne reniait pas ses œuvres de jeunesse, il les montrait peu, ou du moins pas toutes. Exécutée au début des années 1950, cette grande toile invite le spectateur à s’immerger dans la nature, dans ce paysage vide de toute présence humaine ou animale, mais dans lequel un espace clos rappelle peut-être sa découverte du Limousin, à 10 ans, après être resté emprisonné plusieurs années dans une coquille de plâtre pour soigner une tuberculose osseuse. Il en gardera la passion de la nature et le sentiment que la conquête de la liberté est une nécessité absolue.

Agenda
Angel Estrada, Charles Lacoste (Toits enneigés, 2 500/3 000 €), Jean-Émile Laboureur (Les Acrobates, étude, vers 1914, 2 000/3 000 €), Paul-Émile Lecomte (Le Départ des voiliers, 1 000/1 500 €), Eugène-Robert Poughéon, Fernand Piet (Bretagne, les blanchisseuses, 1897, 1 200/1 500 €), Felice Giordano, Grégoire Michonze, Alexandre Sasha Garbell, Pinchus Kremegne (Nature morte, vers 1950, 1 200/1 500 €), Jean Peské (Côte méditerranéenne, 2 000/3 000 €), Gines Parra (Repos à Tolède, même estimation) sont parmi les artistes dont les œuvres sont inscrites au catalogue. D'André Planson sont présentés nus féminins et paysages (est. 300 à 3 000 €), de Roger Limouse des natures mortes (est. 300 à 2 000 €), d'André Beaudin une toile de 1948, Deux fleurs bleues (2 000/3 000 €), de Paul Rebeyrolle, Le Canard, 1946 (2 500/3 000 €) et un Paysage (vers 1950-1953, 5 000/8 000 €).
vendredi 24 septembre 2021 - 14:00 - Live
Salle 6 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Ader
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