Les plaisirs cannois en compagnie des Dufy

Le 09 décembre 2020, par Caroline Legrand

Les frères Dufy sont décidément inséparables. Raoul et Jean offriront chacun lors de cette vente quatre de leurs œuvres, témoignant de leur complicité picturale.

Raoul Dufy (1877-1953), Calèches devant le Carlton à Cannes, vers 1925, aquarelle sur papier, signée, 50,5 65,5 cm.
Estimation : 45 000/55 000 

Être né dans une fratrie de onze enfants, cela crée des liens. Raoul Dufy et son frère Jean, son benjamin de onze ans, ont ainsi connu des carrières aux multiples parallèles. Tous deux ont commencé par travailler dans des maisons d’importation de marchandises sur le port du Havre, leur ville natale. Mais le crayon leur démange bien vite les doigts. Raoul prend des cours auprès de Charles Lhuillier à partir de 1893, à l’école municipale, avant d’obtenir en 1899 une bourse pour Paris, où il intégrera l’École des beaux-arts. C’est dans la capitale, en 1911, que Jean, alors âgé de 24 ans, le rejoindra afin de parfaire sa technique auprès de son frère et de ses amis Derain, Braque ou Picasso. Si le début de leur carrière est marqué par le fauvisme et Paul Cézanne, tous deux se tourneront dans les années 1920 vers un style bien particulier, léger et fourmillant, dans lequel la couleur prend le pas sur le dessin. Les frères inséparables travailleront ensemble dans un atelier de peinture, collaborant avec la maison lyonnaise de tissus Bianchini-Férier, puis pour les porcelaines Haviland. Ils partagent également certains thèmes comme les marines, les courses équestres, les natures mortes (Nature morte et bouquet sur table, 46 55 cm, peinte à l’huile sur toile en 1929 par Jean Dufy, 20 000/25 000 €) et les vues urbaines, comme ici La Place de la Concorde, toile du même attendue à 60 000/80 000 € (60 73 cm), et cette aquarelle de Raoul, Calèches devant le Carlton à Cannes, datée vers 1925. À cette époque, Raoul Dufy connaît déjà un grand succès et profite de la vie mondaine, en spectateur amusé et complice à la fois des nombreux divertissements de l’entre-deux-guerres. Sur la Côte d’Azur ont fleuri de nombreux palaces ; parmi eux, le Carlton de Cannes, construit en 1912 par Casimir Reynaud et qui deviendra l’un des symboles du luxe. Au-delà de ses festivités, le Sud l'a séduit dès 1903, suivant les pas de Paul Cézanne, par sa lumière propice à son style aérien et aux couleurs claires enveloppantes, comme en témoigne encore ici une aquarelle sur papier de 1924 (48 63 cm) prisée 30 000/40 000 €, aux multiples Personnages sur la plage.

Agenda
Photographies, tableaux et sculptures modernes sont au menu du samedi. Le portraitiste italien Giovanni Boldini se fera remarquer avec un Portrait de jeune fille au chapeau à l'aquarelle sur papier d'une grande élégance (15 000/20 000 €), tandis que Bernard Buffet livrera un paysage peint en 1974, Melun, la Seine en automne, qui sera âprement disputé à 60 000/80 000 €. Les frères Dufy se distingueront également avec la présentation de quatre œuvres chacun, dont La Place de la Concorde, Paris, de Jean (60 000/80 000 €), et Calèches devant le Carlton à Cannes vers 1925, de Raoul (45 000/55 000 €. Voir Gazette n° 44 page 116). Une huile sur carton marouflée sur toile d'Auguste Herbin, œuvre de jeunesse dépeignant une Rue de village, attirera encore notre attention (20 000/25 000 €). 
samedi 19 décembre 2020 - 02:00 - Live
Cannes - 20, rue Jean-Jaurès - 06400
Cannes Enchères
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne