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Le 04 septembre 2019, par Caroline Legrand

Réalisé au XVIIe siècle, ce souriant gardien, paré d’un costume laqué rouge et or, souhaitait la bienvenue aux croyants dans les temples bouddhiques de Chine.

Chine, XVIIe siècle, période Transition. Gardien de temple en bois sculpté recouvert de tissu
laqué rouge, noir et or, 120 
61 42 cm.
Estimation : 15 000/20 000 


D’une taille importante pour un gardien de temple  1,20 mètre , cette statue en impose par sa stature et ses ornements, présentés dans un superbe état de conservation grâce à une technique sans faille. En effet, si les laques des périodes antérieures à la dynastie Ming  posées directement sur le bois ou avec une simple couche d’argile, de poudre de bois ou de papier  avaient tendance à se craqueler rapidement, celle-ci, posée sur un tissu recouvrant la sculpture en bois, offre une bonne résistance dans la durée, le tissu conférant plus de souplesse et d’élasticité tout en évitant les fêlures. Cette technique a été employée jusqu’à la fin du XVIIe avant que les artisans, plus sûrs d’eux, ne reviennent à la laque appliquée directement sur bois, mais recouverte ensuite d’un précieux vernis protecteur. Cette sculpture est datée du XVIIe siècle, plus précisément de la période de transition entre les dynasties Ming et Qing. Outre la technique, des critères stylistiques autorisent cette datation. Le visage, par exemple, souriant et délicat, est des plus aimables, ce qui tranche avec l’attitude bien plus féroce des gardiens sculptés aux époques antérieures. Auparavant, les deux gardiens encadrant l’entrée du temple protégeaient le bouddha en affichant une mine effrayante. Au contraire, à partir de la toute fin de l’époque Ming, ils devinrent des personnages plus populaires, sympathiques, et avaient plutôt la tâche d’accueillir aimablement les croyants. Rapidement, sous la dynastie Qing, ils furent remplacés à l’entrée des bâtiments par des chiens de Fô. On notera quelques manques sur notre statue : le bâton que le gardien tenait dans sa main gauche et qui touchait la terre, ou encore le casque qui devait recouvrir une partie de son visage. S’il pouvait accentuer son aspect guerrier, il permet aujourd’hui, par son absence, d’admirer de plus près ce visage d’une divine douceur.

Agenda
Si des dizaines d'okimono de la fin du XIXe et du début du XXe siècle partiront entre 100 et 800 €, un netsuke de l'époque d'Edo – vers 1820 – signé Masanao, représentant un tigre couché, la peau finement gravée, la tête endormie similaire à celle d'un chat, pourrait partir à 6 000/8 000 €. Plusieurs sculptures attireront également les regards avec notamment un bouddha Shaka Nyorai chinois du XVIe siècle, en bronze à belle patine dorée, assis en position de méditation et tenant une coupe libatoire dans les mains (6 000/8 000 €), et surtout un grand gardien de temple chinois de la période Transition (XVIIe), en bois sculpté recouvert de tissu laqué rouge, noir et or (15 000/20 000 €). Parmi les nombreuses autres techniques abordées, citons le bronze avec un brûle-encens tripode chinois du XVIIe patiné et tacheté de feuilles d'or, aux anses en forme de petits dragons (3 000/4 000 €), et les pierres dures avec un paravent de lettré chinois d'époque Jiaqing (1787-1820), ce dernier en bois noble et centré d'une plaque de jade circulaire (6 000/8 000 €).
vendredi 13 septembre 2019 - 14:30 - Live
Lyon - Hôtel des ventes, 70, rue Vendôme - 69006
De Baecque et Associés
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