L’art naïf de la collection Jean-Yves Roux

Le 24 juin 2020, par Caroline Legrand

Pleins feux sur l’art naïf avec la dispersion d’œuvres provenant de la collection du marchand et collectionneur marseillais Jean-Yves Roux. Une mise à l’honneur de ses chers «singuliers».

Louis Duydt (école naïve canadienne de la seconde moitié du XIXe siècle), Village animé près du grand lac, 1863, tableau en relief, huile et collage d’éléments de bois et de racines, 120 102 cm.
Estimation : 2 000/3 000 

Une exposition au musée Maillol, de septembre 2019 à février 2020, mettait à l’honneur les artistes naïfs découverts notamment par le collectionneur Wilhelm Uhde. Dans la continuité de ce dernier, mais aussi d’autres personnalités tels Anatole Jakovsky ou Alain Bourbonnais, Jean-Yves Roux a voué sa vie et ses quarante années de carrière à la découverte et à la valorisation de l’art naïf. Celui que tout le monde décrivait comme rêveur, libre et fasciné par l’étrange et le bizarre a commencé dès ses 20 ans à dénicher les objets de curiosité qui bientôt allaient orner sa galerie marseillaise, nommée Nasara puis Matara, située 24, rue Saint-Jacques. Grâce à ces quarante-quatre œuvres – aux estimations, de 50 à 5 000 € –, on s’intéressera bien sûr à des artistes désormais reconnus, comme Ferdinand Desnos (1901-1958) ou Philippe Dereux (1918-2001). Du peintre de Montrichard, cousin du poète, travaillant dans des caves champignonnières puis comme électricien à Paris, sera notamment proposé un Nu allongé sur la plage, à 1 000/1 500 €, tandis le Lyonnais proche de Jean Dubuffet est représenté par une gouache et collage d’épluchures de 1969 (3 000/5 000 €). Mais l’occasion est aussi belle de découvrir des artistes encore méconnus, tels le Canadien Louis Duydt avec ses collages d’éléments de bois et de racines de différentes essences, décrivant les maisons typiques de son pays, ou la peintre médiumnique bordelaise Mathilde Poulvelarie (1876-1956). De cette dernière, on peut s’offrir une Promenade dans le bois, près du lac aux cygnes, toile annoncée à 1 000/1 500 €.

Agenda
Outre la collection de tableaux d'art naïf du marchand marseillais Jean-Yves Roux, cette vente dédiée au XXe siècle sera marquée par une nature morte de Tulipes, peinte en 1958 par Bernard Buffet (70 000/80 000 €), et par une toile de 1923, Baigneuses, sous le pinceau de Léopold Survage (10 000/12 000 €). La scène abstraite ne sera pas oubliée avec la présence d'une toile de 1978 de Louis Cane (6 000/8 000 €) et de Contre-jour, d'Olivier Debré (4 000/5 000 €). Place enfin au street art avec House Special, de Mr Brainwash (5 000/8 000 €), et à la sculpture avec la Licorne en terre chamottée de Dominique Pouchain (4 500/5 000 €). 
mardi 30 juin 2020 - 14:30 - Live
Marseille - 5, rue Vincent Courdouan - 13006
De Baecque et Associés
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