L’ivoire, en odeur de sainteté

Le 19 novembre 2020, par Sophie Reyssat

Un plat de reliure du IXe siècle et un autel du XIXe siècle en hommage à Jeanne d’Arc mettent l’ivoire sous les projecteurs.

Travail du XIXe siècle, probablement dieppois, bas-relief sur l’histoire de Jeanne d’Arc en ivoire richement sculpté, la base rectangulaire en angles arrondis, 120 104 20 cm.
Estimation : autour de 100 000 €

C’est toute l’histoire de Jeanne d’Arc, qui est évoquée par cet autel de belle taille, sculpté dans l’ivoire au XIXe siècle. Elle est résumée par les épisodes clés de son épopée. La scène principale, en registre inférieur, la montre ainsi en jeune bergère au milieu de ses moutons, agenouillée face à la vision de la Vierge et du Christ en croix. Au-dessus trône sa statue en armure. Brandissant à l’origine une épée et une oriflamme, la guerrière est mise en valeur par une arcature à pilastres ornée de mascarons grotesques, sommée par des armoiries associant deux fleurs de lys séparées par la lame d’une épée couronnée. La Pucelle d’Orléans est encadrée par les effigies des Renommées accompagnées de putti. La richesse et la qualité de la sculpture – feuillages et têtes de lions, chutes de trophées et armoiries soutenues par un ange composent également son décor  – plaident en faveur d’un travail dieppois. C’est dans ce port de Normandie, que débarquait l’ivoire venu d’Afrique. Dès le XVIIe siècle, la ville a ainsi acquis une bonne réputation dans le travail de ce matériau précieux. Au XIXe siècle, elle réalise encore des sculptures qui sont des chefs-d’œuvre de précision. Un autre bel objet, toujours dans la même matière, une rare plaque de reliure carolingienne sculptée au IXe siècle, est à l’honneur (voir l'article Un ivoire de la renaissance carolingienne de la Gazette n° 40, page 26). Son thème principal est l’entrée du Christ dans Jérusalem. La rareté de certaines représentations, et la manière de les figurer, relance le débat sur la production des centres ivoiriers carolingiens. Plusieurs éléments de son iconographie sont à mettre en rapport avec une plaque de reliure conservée à la cathédrale de Nancy, et deux autres conservées au Victoria and Albert Museum de Londres et au Metropolitan Museum de New York.

Agenda

L’ivoire est à l’honneur le dimanche 22 : une rare plaque de reliure carolingienne sculptée au IXe siècle (100 000/200 000 €) côtoiera un monumental autel à la mémoire de Jeanne d’Arc, la mettant en scène en bergère et en guerrière entre des Renommées (autour de 100 000 €). Le reste de la sélection, provenant de successions, présente une belle homogénéité privilégiant les classiques, à l’image d’une paire d’anges italiens sculptés dans le marbre blanc au XIXe siècle. Montés sur des dauphins, ils portant de larges bénitiers (15 000/20 000 €). Jacques C. Wagrez se souvient de la Venise du XVe siècle avec un couple en gondole figuré dans une toile portant l’étiquette du Salon de 1903 (8 000/12 000 €). Une collection de coffrets, du XVe au XVIIIe siècle, sera dispersée, emmenée par un modèle de messager d’époque gothique, en bois renforcé par une résille de fer, dont l’intérieur s’orne de papiers gravés de motifs floraux polychromes (3 000/4 000 €).

dimanche 22 novembre 2020 - 14:30 - Live
Enghien-les-Bains - 2, rue du Docteur-Leray - 95880
Goxe - Belaisch - Hôtel des ventes d'Enghien
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