Portrait intimiste d’un héritier de la Couronne

Le 19 novembre 2020, par Agathe Albi-Gervy

Ce portrait, l’un des rares qui représentent Louis XV enfant, est attribué à Pierre Gobert, le grand portraitiste de la Cour.

Attribué à Pierre Gobert (1662-1744), Portrait de Louis de Bourbon, Dauphin de France, futur Louis XV, vers 1713, huile sur toile, 101 76 cm.
Estimation : 12 000/15 000 

Le petit Louis de Bourbon, à l’équilibre encore précaire, est ici maintenu debout par une cordelette de fils d’or, tenue au féminin par une nourrice bienveillante. Vêtu d’une robe d’enfant à brocart, le jeune héritier arbore le cordon bleu de l’ordre du Saint-Esprit. À côté du Dauphin, un tabouret recouvert de velours rouge reçoit un petit chien noir autour duquel son maître passe le bras. Au bout du dallage noir et blanc, derrière une imposante colonne, se déroulent les parterres du château de Versailles qui l’ont vu naître en 1710. Fils de Louis de France et de Marie-Adélaïde de Savoie, arrière-petit-fils de Louis XIV, le petit duc d’Anjou perd son grand-père le Grand Dauphin en 1711, et ses parents un an plus tard, décimés par l’épidémie de rougeole. Ainsi devient-il Dauphin de France à l’âge de 2 ans. C’est dire l’attachement que lui porte son prédécesseur Louis XIV. En 1714, le monarque commande au peintre de cour Pierre Gobert un portrait de son arrière-petit-fils à destination de la cour d’Espagne. La toile, conservée au musée du Prado à Madrid, présente des similitudes avec notre tableau. Mais si le premier a un caractère officiel, le second se veut plus intimiste. Selon l’expert Jacques de Pas, celui-ci a été très probablement réalisé avant le tableau du Prado, et sûrement vu par Louis XIV, lequel aurait demandé le même portrait, mais dans une posture plus officielle, dans le but de l’offrir à la cour d’Espagne. Il existe très peu de portraits de Louis XV antérieurs à son couronnement. De Pierre Gobert, la fondation Jakober en possède un de 1712, qui précèderait le présent exemple peint vers 1713, peut-être à la demande de la gouvernante du Dauphin, la duchesse de Ventadour. Clin d’œil attendrissant : en 1732, Louis XV commande à Gobert le portrait de sa troisième fille âgée de quelques mois, Marie-Adélaïde – conservé au château de Versailles –, où l’on retrouve le même tabouret et le même type de colonne, de dallage et d’ouverture sur les jardins.
 

Agenda
Le catalogue renferme une pièce d'orfèvrerie pour le moins exceptionnelle : il s'agit d'un vase couvert de forme balustre en argent massif finement ciselé et repoussé, inspiré de l'orfèvrerie de la Renaissance italienne, que la maison Odiot présenta à l'Exposition universelle de 1878 à Paris. Il a été conçu pour être offert comme prix de course et remis au comte Frédéric de Lagrange suite aux nombreuses courses remportées par son cheval Nougat. Son dessin est attribué à Paul-Édouard Récipon et Guillemin Diomède, deux collaborateurs de la maison Odiot (40 000/60 000 €). Les amateurs noteront également un portrait de Louis de Bourbon, futur Louis XV âgé de deux ans environ, œuvre attribuée au portraitiste de cour, Pierre Gobert (12 000/15 000 €).
dimanche 22 novembre 2020 - 02:30 - Live
Domaine de Franc-Warêt - Rue du village, 54 - 5380 Fernelmont - 5380
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