Lot n° 35
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Statue funéraire tau-tau
Peuple Toraja
Sulawesi (Célèbes), Indonésie
Fin 19e – Début 20e siècle
Bois, coquillages et pigments
Hauteur : 171 cm

Provenance :
Guy Piazzini et Jean-Jacques Dutko, Paris
Collection Michel Périnet, Paris
Alain de Monbrison, Paris
Collection privée, Paris, acquis en 2001

Publication :
Tasset, « Le retour de Mata Hari », in Le Figaro, 1997

Exposition :
Paris, Galerie Jean-Jacques Dutko, Mata Hari di Indonesia, 1er Octobre – 15 Novembre 1997

Toraja (ou To-ri-adja, hommes de la montagne) est le nom sous lequel on désigne les groupes culturels des régions montagneuses du nord de la province du Sulawesi du Sud en Indonésie. Les rites funéraires revêtent une grande importance chez les Toraja car le défunt, une fois tous les rites accomplis et l’enterrement du corps effectué (qui peut intervenir longtemps après la mort), atteindra le statut de deata ou figure d’ancêtre déifiée. Les dieux n’étant jamais représentés, c’est donc le tau-tau, véritable portrait funéraire, qui abritera l’âme du mort, et, tel l’intercesseur désormais entre ciel et terre, protégera les hommes.
Le style des tau-tau a quelque peu évolué au fil des siècles, les plus anciens présenteraient un traitement plus archaïque avec notamment des bras minces flanqués le long du corps et une tête disproportionnée. Par la suite, le style est devenu de plus en plus réaliste et certains éléments peuvent être mobiles, comme les avant-bras ou la tête.
C’est le cas ici avec notre bel exemplaire de 171 cm dont les avant-bras et les mains étaient tournées paumes vers le ciel, geste rituel bienfaiteur donnant tout son sens au rôle désormais protecteur du défunt. Si seule la partie sculptée en bois est parvenue jusqu’à nous, ces effigies réservées à la noblesse - to parange (garante de la tradition) – étaient richement parées et vêtues de sarongs, bijoux, armes et autres attributs familiaux symbolisant opulence et richesse.
Malgré l’absence de ces ornements, cette œuvre impressionne par sa posture et son élégance. La belle patine d’un bois noble – le jacquier – les détails des tatouages en cercles ou spirales (témoignant d’un art décoratif géométrique) associés à la coiffure en chignon confirment le statut social très élevé de l’ancêtre ici représenté.
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