Vincent Lécuyer

Le 18 juillet 2019, par Agathe Albi-Gervy

La scène parisienne vient de perdre l’un de ses yeux les plus affûtés et originaux. Le 12 juillet, à 57 ans, le galeriste Vincent Lécuyer s’est éteint

Vincent Lécuyer
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D’origine bretonne, cette figure du Carré Rive Gauche suit les traces de son père, le marchand Jean-René Lécuyer, avant d’ouvrir sa propre galerie en 1986 dans le quartier de l’Hôtel Drouot, transférée rue de Lille en 2009. De son domaine de spécialité, ses propositions – régulièrement exposées à la Brafa, au salon du Dessin ou au PAD – ne manquaient jamais de se faire remarquer : iconographies rares, portraits de personnalités au destin unique, œuvres d’artistes actuels à l’univers original, et carrières exhumées de l’oubli… Vincent Lécuyer avait un goût propre, celui de la grande décoration teintée d’étrangeté. Dans la galerie de ce globe-trotteur et très bon marin – il a fait le tour du monde –, les visiteurs découvraient souvent des œuvres de peintres voyageurs, ou des signatures lointaines, à l’image du peintre péruvien Alejandro González Trujillo, dit Apu-Rimak (1900-1985). Le musée d’Orsay a acquis auprès de lui La Fiancée de Belus d’Henri-Paul Motte et Fléau d’Henri-Camille Danger. Sa compagne, l’artiste coréenne Jihee Han, a accompagné ce grand dénicheur et découvreur jusque dans ses derniers moments.