facebook
Gazette Drouot logo print

Une laque à la mexicaine

Le 27 mars 2019, par Caroline Legrand

Quand le Mexique rencontre l’Extrême-Orient… Ce grand plateau creux de forme circulaire, dit batea en espagnol («batée» ou «plateau» en français), présente un décor en laca mexicana, polychrome et or, à motifs de scènes de conquêtes avec tentes, cavaliers, bateaux, fabriques, grands arbres aux branches ployantes, dans un…

Une laque à la mexicaine
Pátzcuaro, Mexique, milieu du XVIIIe siècle. Attribué à José Manuel de la Cerda, grand plateau creux dit «batea» en bois laqué polychrome et or, diam. 106 cm.
Estimation : 10 000/15 000 

Quand le Mexique rencontre l’Extrême-Orient… Ce grand plateau creux de forme circulaire, dit batea en espagnol («batée» ou «plateau» en français), présente un décor en laca mexicana, polychrome et or, à motifs de scènes de conquêtes avec tentes, cavaliers, bateaux, fabriques, grands arbres aux branches ployantes, dans un entourage de feuillages et de fleurs. La devise «Turno aeneas provoca alaguera» complète l’ensemble. La réalisation de cette pièce est attribuée à José Manuel de la Cerda, un artisan important, actif à Pátzcuaro, dans l’État du Michoacán, au milieu du XVIIIe siècle. Cette région était un centre de production particulièrement actif dans la laque. Le premier évêque de Michoacán, Vasco Vázquez de Quiroga (vers 1470-1565), défenseur des Indiens et de leurs arts, aurait particulièrement encouragé cette pratique autochtone au XVIe siècle avant même que la vogue des laques chinoises et japonaises n’amplifie ce phénomène. Dès le début du XVIIe siècle, des laques japonaises nanban arrivaient à Acapulco par des galions venant de Manille. Mais si la mode prit de l’ampleur au Mexique sous l’influence asiatique, la technique y demeure bien spécifique et remonte à l’époque préhispanique. La laque mexicaine est en effet un vernis à base de graisse extraite d’un insecte, d’huile végétale tirée de la graine de chia ou du chicalote, et de pigments naturels. Recouvrant à l’origine des récipients de la vie quotidienne fabriqués en écorce, elle fut ensuite utilisée pour la décoration de boîtes, coffres et plats d’apparat, parfois exportés vers l’Espagne. 

tableaux, mobilier et objets d'art du XVIe au XXe, tapis, tapisseries
dimanche 31 mars 2019 - 14:00 (CEST)
Galerie de Chartres, 7, rue Collin-d'Harleville - 28000 Chartres
Ivoire - Galerie de Chartres (Gody-Baubau - Maiche - Paris - Rivière)
Gazette Drouot
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 4 articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne