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Une aiguière miraculée d’un lieutenant-général des armées de Louis XIV

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 13 octobre 2022 - 14:00 (CEST) - Salle 9 - Hôtel Drouot - 75009

Une aiguière du règne de Louis XIV ayant appartenu à l’un de ses fidèles lieutenants, Albert Grillet de Brissac, va illuminer de ses reflets une vente d’orfèvrerie.

Paris, 1686-1687, aiguière en argent sur un piédouche circulaire à doucine, corps... Une aiguière miraculée d’un lieutenant-général des armées de Louis XIV
Paris, 1686-1687, aiguière en argent sur un piédouche circulaire à doucine, corps rehaussé de feuilles de lauriers alternées de godrons unis, couvercle gravé aux armes de la famille Grillet de Brissac, M.O. : Charles Petit, reçu en 1658, poids : 1 079 g, h. 20,5 cm. Estimation : 50 000/60 000 

Le temps où l’aiguière servait de rince-doigts est révolu, l’usage des couverts en général et de la fourchette en particulier s’est répandu au XVIIe siècle. Désormais, elle est posée sur la table pour en devenir l’un des plus beaux ornements. Celle-ci a l’élégance racée des belles pièces d’orfèvrerie du règne de Louis XIV (1643-1715), de celles dont on regrette tant la disparition prématurée lors des « grandes fontes » ordonnées par le roi pour contribuer au financement des coûteuses guerres contre l’Europe coalisée. Un matin de décembre 1689, année de la première loi somptuaire, – deux autres suivront, en 1699 et 1709 –, le Roi-Soleil annonce qu’il va envoyer à la fonte son propre mobilier et sa vaisselle, ces pièces même qui participaient au faste des cérémonies. Personne n’y croit, « il bluffe », insinuent les courtisans. Que nenni, avec autorité il signe ses ordres par lettres de cachet et exige de son aristocratie et de ses évêques de faire de même. En moins de six mois, les fours de la Monnaie avalent à un rythme effrayant la grande orfèvrerie française du XVIIe siècle. Heureusement, certains ont résisté et même parmi les plus proches et les plus fidèles ! Cette aiguière reposant sur un piédouche circulaire à doucine et dont le corps est rehaussé de douze feuilles de lauriers nervurées, alternées de godrons unis, porte, gravées sur son couvercle, les armes de la famille Grillet de Brissac. Ceci atteste qu’elle a appartenu à Albert Grillet de Brissac (1627-1713), lieutenant-général des armées. Personnage de premier plan de la cour de Versailles, particulièrement remarqué pour sa droiture et son dévouement, on sait que le souverain le portait dans sa plus haute estime. Il est assez plaisant de noter que ce haut personnage, certainement des plus sérieux à honorer les ordres, a tout de même protégé cette aiguière et ne l’a pas menée aux fours destructeurs. D’autant que l’aiguière, n’étant plus indispensable, mais de grande valeur par ses proportions et son poids, devait être l’une des premières à partir en fusion. Il faut avouer qu’il est loin d’être le seul à avoir agi ainsi… Un dépouillement des inventaires après décès entre 1707 et 1716 révèle que les parlementaires, pourtant semble-t-il les premiers à devoir montrer l’exemple, disposaient d’une importante quantité d’argenterie armoriée. Ce ne sont pas les amateurs d’aujourd’hui qui vont s’en plaindre et cette aiguière est prête à prendre sa place sur une nouvelle table, celle des enchères.
 

jeudi 13 octobre 2022 - 14:00 (CEST) - Live
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