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Un précieux pot de miel

Résultat 99 200 EUR
Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 18 octobre 2019 - 14:15 (CEST) - Salle 1 - Hôtel Drouot - 75009

Cet incroyable vase couvert de Sèvres simulant une ruche ne se laissait pas butiner facilement. Les acheteurs devaient bourdonner fort pour l’emporter !

Sèvres, vers 1770. Vase couvert en porcelaine tendre dit «vase ruche», à décor en... Un précieux pot de miel
Sèvres, vers 1770. Vase couvert en porcelaine tendre dit «vase ruche», à décor en relief d’osier tressé, h. 30 cm.
Adjugé : 99 200 

La porcelaine de Sèvres du XVIIIe siècle ne laisse pas d’émerveiller et par ses prouesses techniques, et par sa créativité. Et ce n’est pas ce vase couvert en porcelaine tendre, nommé «vase ruche», qui contredira ces propos. Réalisée vers 1770, cette pièce, dans un très bel état (quelques petits éclats ne ternissent pas son attrait) et dont un modèle similaire fut référencé pour la première fois dans les archives de la manufacture royale en janvier 1769, ainsi que l’indiquait l’expert Cyrille Froissart (voir l'article Une abeille dans un magasin de porcelaine de la Gazette n° 34 du 11 octobre, page 66), s’ouvrait à 99 200 €. Simple objet de décoration, commande spéciale pour satisfaire un passionné d’apiculture, conception originale pour renouveler l’art du pot-pourri ? Toutes les conjectures sont possibles jusqu’à ce qu’un jour une réponse soit apportée à l’usage de l’objet. Celle-ci vient en tout cas étoffer le corpus très restreint des «vases ruche» répertoriés à ce jour. Sèvres ne s’en tenait pas là. L’exercice était à nouveau réussi par un seau à liqueur ovale garni de sa partition amovible (l. 31,5 cm). Son décor était quant à lui des plus classiques : sur un fond vert, deux bouquets de fleurs polychromes s’épanouissaient dans des réserves cernées de rinceaux d’or. Et sa provenance était attestée. L’objet, des plus précieux également et daté 1757, appartenait au service offert par Louis XV à son homologue Frédéric V de Danemark en 1758, pour le remercier des étalons de la race de Frederiksborg qu’il lui avait fait parvenir. Une lettre existe, conservée au ministère des Affaires étrangères, qui fait état de cet échange royal : porcelaines contre équidés. Royal aussi était le résultat. Le service ne comportait que deux seaux à liqueur ovales, dont l’un se trouve à Saint-Pétersbourg, au musée de l’Ermitage. Le second, désormais retrouvé, justifiait ses 68 200 €.

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