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Un fauteuil martial pour les conventionnels

Le 29 novembre 2018, par Philippe Dufour

Élue en septembre 1792, la Convention institua jusqu’au 26 octobre 1795 un régime se revendiquant de l’histoire de Rome et de sa République en particulier. Un modèle pour les architectes et les décorateurs, qui vont y puiser une nouvelle inspiration, dont les prémisses s’étaient fait sentir dès la fin de l’Ancien Régime.…

Un fauteuil martial pour les conventionnels
Vers 1800. Fauteuil de bureau dit «en hémicycle», en acajou et placage d’acajou, 93 x 65,60 x 66 cm.
Adjugé : 57 716 €

Élue en septembre 1792, la Convention institua jusqu’au 26 octobre 1795 un régime se revendiquant de l’histoire de Rome et de sa République en particulier. Un modèle pour les architectes et les décorateurs, qui vont y puiser une nouvelle inspiration, dont les prémisses s’étaient fait sentir dès la fin de l’Ancien Régime. À l’exemple de ce fauteuil de bureau monumental en acajou, dit «de conventionnel», avec son emblématique dossier bandeau en «hémicycle», ajouré à grille. Présentant également des montants antérieurs sculptés de protomés de lions ailés monopodes, il s’inspire des dessins de Charles Percier (1764-1838). S’il ne porte pas de signature, il a sans doute été exécuté autour de 1800 par l’un des deux illustres ateliers parisiens. Dans la balance, celui de Georges Jacob (1739-1814) d’un côté, de l’autre l’officine de Jean-Baptiste Séné (1747-1803), qui en livrèrent chacun de nombreux exemplaires, dès 1793. Un rôle historique indéniable, qui rejaillissait sur l’enchère finale, retentissant à 57 716 €. Avec le lot suivant, on se transportait dans la Chine impériale, du XVIIe ou XVIIIe siècle ; il s’agissait en effet, d’un cachet de format carré en ivoire à patine jaune, la partie supérieure sculptée de dragons assis. Au revers, on pouvait déchiffrer l’inscription, gravée en zhuanshu, Da Xue Shi Yin («cachet de chancelier»). Détail notable : était gravée à côté l’inscription suivante livrant le nom de son auteur, Dong Feng Yuan Zhi («réalisé par Dong Fengyuan»). Pour cet accessoire de haut lettré, pesant 420 g, il fallait débourser 50 348  €. Proche de l’âme extrême-orientale, par ses choix formels, l’œuvre d’Olivier Debré était aussi à portée ; une toile de sa main, brossée en 1990, s’intitulait Grandes traces jaunes et hautes montagnes. Ce n’était pas une inconnue, car on pouvait la retrouver reproduite dans l’ouvrage publié aux éditions Dreyer et Flammarion, Olivier Debré et Laerdal (1991). Aussi était-elle au centre d’une bataille d’enchères qui se soldait, également, sur 50 348 €. 

tableaux, mobilier et objets d'art, manuscrits, photographies
samedi 24 novembre 2018 - 14:00 (CET)
52, rue de Nabécor - 54000 Nancy
Nabecor Enchères
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