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Un coffret à secrets par le grand Roentgen

Le 22 février 2018, par Philippe Dufour

On apprécie tout particulièrement de David Roentgen ses marqueteries de fleurs, véritables «tableaux de bois», où les ombres jouent sur une déclinaison d’essences teintes en vert, et non plus brûlées ou gravées comme chez ses confrères. Il en est ainsi pour ce coffret, peut-être de voyage, décoré de roses sur fond de bois…

Un coffret à secrets par le grand Roentgen
David Roentgen (1743-1807), coffret de forme rectangulaire, marqueterie florale sur fond de bois tabac, bois de rose et acajou moiré, moulures en laiton, dorure au mercure d’origine sur les poignées, 24 x 52 x 34 cm.
Adjugé : 129 320 €

On apprécie tout particulièrement de David Roentgen ses marqueteries de fleurs, véritables «tableaux de bois», où les ombres jouent sur une déclinaison d’essences teintes en vert, et non plus brûlées ou gravées comme chez ses confrères. Il en est ainsi pour ce coffret, peut-être de voyage, décoré de roses sur fond de bois tabac, de réserves en bois de rose et acajou moiré, enrichi de moulures en laiton et muni de ses poignées d’origine, avec dorure au mercure. Une réalisation virtuose qui est d’ailleurs à rapprocher d’une table exposée au musée Nissim de Camondo (Inv. CAM 130), et qui lui est attribuée. Le format important de ce coffret, comme l’extrême qualité de son travail et son ingéniosité il possède deux tiroirs en secret ne pouvaient qu’en faire le centre de la vacation du samedi 17 février à Laval ; disputé par plusieurs amateurs, il finissait donc sa course à 129 320 €, enlevé par un collectionneur étranger. David Roentgen fit ses premières armes à Neuwied-sur-le-Rhin (Palatinat), au nord de Coblence, dans l’atelier d’ébénisterie de son père Abraham. Pourtant célèbre, ce dernier se vit bientôt dépassé par le talent de son fils qui, un jour, devait vendre la plupart de ses productions aux grands de toute l’Europe. En 1779, Roentgen vient à Paris, pour proposer ses œuvres à Louis XVI et à Marie-Antoinette, qui deviendront de fidèles clients ; puis il s’installe dans la capitale française, à l’instar de tant de ses compatriotes, qui y feront des carrières éblouissantes. Reçu maître le 24 mai 1780 par la jurande, il ne pourra jamais posséder d’atelier à Paris, mais seulement un dépôt ; alors que ses meubles seront toujours réalisés à Neuwied, avec l’aide de cent ouvriers spécialisés et techniciens. L’opulence et l’inventivité de ses créations, souvent à mécanismes et secrets, en font aussi l’ébéniste favori de Catherine II de Russie, de l’empereur Joseph II d’Autriche et de Frédéric de Prusse.

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