Turner, peintures et aquarelles. Collections de la Tate

Le 02 juin 2020, par Marie-Laure Castelnau
Joseph Mallord William Turner (1775-1851), Vue des gorges de l’Avon, 1791, crayon, encre et aquarelle sur papier, 23,1 29,4 cm, détail, Londres, Tate.
© Tate

«Ce sont des fêtes célestes et fluviales d’une nature sublimée, décortiquée, rendue complètement fluide par un grand poète», écrivait Huysmans à propos des œuvres de William Turner. Entre ciel et terre, fleuves et montagnes, cette exposition organisée avec la Tate Britain propose de montrer toutes les facettes de Turner aquarelliste. Une soixantaine de feuilles issues du legs de l’artiste à l’institution – et pour certaines jamais montrées en France –, rapprochées de près de dix peintures à l’huile, ont été soigneusement sélectionnées. Présenté dans une scénographie élégante, l’ensemble offre une grande variété de techniques d’exécution et de styles, tantôt symboliste, tantôt expressionniste, parfois proche de l’abstraction. Des «sages» productions des débuts aux œuvres de maturité plus radicales, en passant par les voyages en Europe, le parcours chronologique invite à suivre pas à pas l’évolution de son travail. Alors que les premières compositions font preuve d’un réalisme topographique minutieux, peu à peu, le paysage n’est plus qu’un prétexte. L’artiste est surtout obsédé par la lumière solaire et ses effets. Elle s’infiltre partout, ricoche sur l’eau, fait vibrer les motifs. Les dix dernières années, Turner, plus prolifique, travaille pour un cercle restreint de collectionneurs. Sa touche est alors plus enlevée que jamais, usant des pigments purs de couleurs primaires. Les deux dernières salles sont un véritable feu d’artifice : toutes ces œuvres expérimentales, réalisées «pour son propre plaisir», sont certainement plus proches de sa vraie nature que celles peintes pour le public. Intimes, expressives, méditatives, elles offrent un aperçu unique de la pratique privée d’un peintre romantique, «un grand magicien qui commande aux esprits de la terre, de l’air, du feu et de l’eau».

Musée Jacquemart-André,
158, boulevard 
Haussmann, Paris VIIIe.
Jusqu’au 11 janvier 2021.
www.musee-jacquemart-andre.com
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