Les tissus ont la cote, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, religieux ou profanes !
C’est dans un véritable champ semé de fleurs, de rinceaux, de paons et autres volatiles que cette tenture très finement brodée au point de chaînette nous invite. Constituée de deux laizes de toile de coton crème, il s’agit d’un travail indien probablement exécuté dans le Gujarat entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, et certainement pour l’exportation. L’Europe est alors particulièrement friande de ces pièces, et on le comprend aisément. D’ailleurs, plus de deux siècles plus tard, elles n’ont rien perdu de leur fraîcheur ! D’Inde encore et du premier quart du XIXe siècle, un châle en cachemire (310 x 135 cm) à champ uni vert sapin, rehaussé d’un fin tissage de bordures de palmes fleuries, requérait 7 213 € pour que l’on s’y enroule. Dans un style toujours floral mais beaucoup plus occidental, un lampas aux chrysanthèmes sur fond satin noir (l. 735, l. 67 cm), réalisé en 1894 par la manufacture lyonnaise Bachelard & Cie, surprenait en décuplant l’estimation à 11 592 €. Le musée des Tissus de Lyon possède un exemplaire de ce document textile, présenté à l’Exposition internationale de Lyon en 1894 justement. Quant à la mitre épiscopale espagnole du début du XVIe siècle, objet du Coup de cœur de la Gazette n° 3 (voir l'article Une mitre épiscopale du XVIe siècle de la page 19), elle était déposée à 7 728 €.