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Sèvres, cadeau diplomatique de Charles X

Résultat 264 040 EUR
Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 03 décembre 2021 - 11:00 (CET) - Salle 1-7 - Hôtel Drouot - 75009

Un service en porcelaine de Sèvres offert par Charles X à son ministre de France en Saxe exprime un geste très diplomatique. À ses côtés, une paire de saintes Catherine revenait à Simon Vouet.

Manufacture royale de Sèvres, 1826-1827, service en porcelaine dure à décor de bouquets... Sèvres, cadeau diplomatique de Charles X
Manufacture royale de Sèvres, 1826-1827, service en porcelaine dure à décor de bouquets de fleurs et de treillage avec feuilles et fleurs de pavot, comprenant quatre corbeilles, deux pots à sucre, quatre compotiers et soixante assiettes, marques en bleu aux deux «C» entrelacés avec fleurs de lys, diam. 21 à 25,2 cm.
Adjugé : 264 040 

Vous connaissiez le marquis de Carabas…Voici le comte de Caraman (1790-1860), Georges de son prénom, et ministre de France en Saxe ainsi qu’un document officiel de la manufacture royale de Sèvres de février 1828 le mentionne. L’heureux homme se trouva être le récipiendaire de ce précieux service de porcelaine, complet de ses soixante-dix pièces (voir l'article Porcelaine de Sèvres pour le comte de Caraman page 74 de la Gazette no 42), magnifiquement orné de bouquets de fleurs ayant conservé toute leur fraîcheur, peints dans leur grande majorité par Pierre-Antoine Sisson (ou Sinson) fils – un artiste actif à la manufacture de 1818 à 1844. L’ensemble s’est fait remarquer et a décuplé son estimation pour terminer sur un résultat de 264 040 €. Ce présent de choix n’avait rien d’anodin, s’agissant bien sûr d’honorer un serviteur zélé et de talent, mais on peut y voir au-delà la volonté royale de démontrer à la Saxe le haut degré de qualité atteint par les porcelaines françaises, un siècle après les fameuses batailles pour obtenir le secret de la pâte dure. Un geste symboliquement fort et très royal en fait ! En première partie d’après-midi, dessins et tableaux anciens avaient déjà conquis les cœurs et les bourses (voir l’œuvre de Drouais en page 125). La paire de toiles de Simon Vouet (1590-1649) représentant Sainte Catherine d’Alexandrie et Sainte Catherine de Sienne (64,5 37 cm chacune) appartient au corpus limité d’esquisses peintes de l’artiste. Lorsqu’elles étaient réapparues à l’occasion de l’exposition du palais Pitti de Florence de 1922, elles l’étaient sur une seule toile et attribuées à Bernardo Cavallino (1616-1656). Arnauld Brejon de Lavergnée les a récemment examinées et en a confirmé l’attribution à Simon Vouet – il les inclura au catalogue raisonné de son œuvre en cours de publication : une reconnaissance qui les a portées à 46 040 €. Elles appartiennent à la période caravagesque du Parisien, lorsque dans les années 1620 il parfait sa formation à Rome. Une époque l’ayant vu s’intéresser tout spécialement au thème de sainte Catherine d’Alexandrie, traité par lui une dizaine de fois et la plupart du temps en paire avec une autre figure sainte.

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