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Rétrospective du peintre finlandais Edelfelt au Petit Palais

Publié le , par Frank Claustrat

Albert Edelfelt (1854-1905) est le premier peintre finlandais de stature internationale, alors que son pays est sous domination de la Russie. Actif à Paris pendant plus de vingt-cinq ans, de 1874 à 1903, il devient célèbre en 1885 avec un portrait de Louis Pasteur. Cette toile, aujourd’hui démodée, éclipse encore trop son...

Albert Edelfelt, Coucher de soleil sur les collines de Kaukola, 1889-1890, huile... Rétrospective du peintre finlandais Edelfelt au Petit Palais
Albert Edelfelt, Coucher de soleil sur les collines de Kaukola, 1889-1890, huile sur toile, Helsinki, Ateneum Art Museum, Finnish National Gallery.
© Finnish National Gallery/Hannu Pakarinen

Albert Edelfelt (1854-1905) est le premier peintre finlandais de stature internationale, alors que son pays est sous domination de la Russie. Actif à Paris pendant plus de vingt-cinq ans, de 1874 à 1903, il devient célèbre en 1885 avec un portrait de Louis Pasteur. Cette toile, aujourd’hui démodée, éclipse encore trop son statut de pionnier scandinave de la peinture dite « pleinairiste », lumineuse et dédiée à la nature (Le Convoi d’un enfant, Finlande, 1879). La rétrospective montée au Petit Palais, avec près de quatre-vingts huiles et aquarelles, a l’avantage d’être la première réhabilitation d’Edelfelt en France. La salle d’introduction (dite « prologue ») laisse cependant pantois. L’étude pour Un déjeuner chez Ledoyen, le jour du vernissage, peinte en 1886 par le Suédois Hugo Birger, ne caractérise pas le « pleinairisme ». Elle n’annonce pas davantage l’évolution du Finlandais vers le sentiment patriotique, une direction qu’Edelfelt propose aux peintres nordiques de suivre avec lui, comme alternative à l’impressionnisme puis au postimpressionnisme. Plus étonnant encore, le parcours de l’exposition perd son fil directeur à de multiples reprises. C’est au visiteur lui-même que revient la tâche de retrouver les œuvres les plus « nationalistes » du Finlandais, disséminées dans une scénographie compacte et déroutante, parasitée par des toiles mièvres d’artistes français (Léon Bonnat et François Lafon), proposées à titre de comparaisons. Une fausse bonne idée. Car au-delà de la production stratégique et alimentaire du Finlandais (tableaux d’histoire, de genre et surtout portraits), contraint d’accepter des commandes pour exister et vivre, ce sont ses paysages identitaires qui font mouche. Coucher de soleil sur les collines de Kaukola, 1889-1890, fait partie de ces témoignages subtils de prise de conscience politique d’Albert Edelfelt, bien avant la russification brutale du grand-duché de Finlande en 1899. À méditer par les temps qui courent.

Albert Edelfelt, Devant l’église, Finlande, 1887, huile sur toile, Helsinki, Ateneum Art Museum, Finnish National Gallery.© Finnish Nation
Albert Edelfelt, Devant l’église, Finlande, 1887, huile sur toile, Helsinki, Ateneum Art Museum, Finnish National Gallery.
© Finnish National Gallery/Hannu Pakarinen


Petit-Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris,
avenue Winston-Churchill, Paris 
VIIIe, tél. : 01 53 43 40 00,
Jusqu’au 10 juillet 2022.
www.petitpalais.paris.fr
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