Paule Gobillard, le talent, une affaire de famille

Le 22 avril 2021, par Caroline Legrand

À l’image de sa tante Berthe Morisot, au sein du groupe impressionniste, Paule Gobillard est devenue une peintre qui compte.

Paule Gobillard (1867-1946), Nature morte, huile sur toile, 87 94 cm.
Estimation : 20 000/25 000 

La mère de Paule Gobillard se nommait Yves Morisot : elle était la sœur de la célèbre peintre Berthe Morisot, qui était également l’épouse du frère d’Édouard Manet. Yves se maria avec Théodore Gobillard, et ils eurent trois enfants, Paule étant l’aînée. Dès son enfance, Paule baigne tout logiquement dans ce milieu artistique privilégié, et plus encore lorsque, devenue orpheline à la mort de sa mère en 1893, elle s’installe avec sa sœur et son frère chez leur tante, rue de Villejust à Paris (actuelle rue Paul-Valéry, dans le 16e arrondissement). Paule, tout comme Julie Manet – laquelle a d’ailleurs laissé dans ses Mémoires de nombreux témoignages sur sa cousine –, reçoit les leçons de Berthe Morisot, qui choisit également à plusieurs reprises sa nièce comme modèle. Cette influence se perçoit dans les portraits, scènes de genre ou natures mortes, à l’image de cette toile aux belles dimensions, dans laquelle les couleurs claires et vaporeuses, transpercées de lumière, expriment une grande poésie intérieure. Paule Gobillard complétera également sa formation auprès d’Henri Gervex et surtout d’Auguste Renoir, auquel elle rend visite à Cagnes-sur-Mer et à Essoye. À partir de 1894, elle expose à Paris au Salon des indépendants, puis au Salon d'automne, mais aussi au Japon et aux États-Unis. Elle restera célibataire toute sa vie, côtoyant Edgar Degas, Stéphane Mallarmé ou André Gide, installée chez sa sœur Jeannie et son mari, l’écrivain Paul Valéry.

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