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Pad London 2018, bonne récolte

Le 18 octobre 2018, par Oscar Duboÿ

Record d’affluence au PAD London pour sa douzième édition avec 27 400 visiteurs. Un enthousiasme que les marchands ont pu sentir, et bien au-delà des spécialistes de design.

Pad London 2018, bonne récolte
Le stand de la 18 Davies Street Gallery lors de l’édition 2018 du PAD, à Londres.

Lundi 1er octobre, à 11 h, les portes du PAD London s’ouvraient aux collectionneurs. À peine une heure plus tard, les premières ventes tombaient déjà. Un peu plus confortable qu’à son habitude grâce à l’ajout d’un coussin, l’iconique Sitzmaschine de Josef Hoffmann partait entre 20 000 et 30 000 €, chez Alexandre Guillemain, tout comme l’étonnant salon avec canapé et deux fauteuils, modèle 111 dit «Tomate» quoique très proche d’un nuage , qui trônait chez Meubles et Lumières. Certains pourraient y voir du Paulin dans sa veine 1970’s, mais il est en réalité signé Christian Adam, en 1969, pour Pierre Cardin, d’où sa cote plus abordable, comme l’expliquait Guilhem Faget. Entre-temps, chez Guillemain, le stand continuait de se vider jusqu’à afficher sold out à la fin de la journée, y compris pour le canapé Vladimir Kagan de 1952 et une grande tapisserie de Calder. Si la prévente dans le design n’est pas aussi fréquente que dans l’art contemporain, force est de constater que le premier jour, au PAD, demeure le moment fort, a fortiori si l’on vient de décrocher le prix de la meilleure pièce contemporaine, comme le panneau en bois réalisé à la tronçonneuse par Étienne Moyat pour décorer le fond du stand de la galerie Negropontes. Il y a donc bien un effet prix : «Dès l’annonce le premier jour, certains sont même repassés sur le stand, demandant parfois directement à voir la pièce qui a gagné», explique Sophie Negropontes. Autant dire que la galeriste parisienne était contente d’avoir fait le déplacement jusqu’à Londres, où les décorateurs américains viennent passer de généreuses commandes tous les ans au moment de Frieze, sans oublier les collectionneurs britanniques et du Moyen-Orient, réputés plus impulsifs que les Français. Car la proximité de la foire mastodonte continue de jouer évidemment son rôle, tout comme c’était le cas à Art Genève en janvier et comme ce devrait l’être bientôt à Art Monte-Carlo fin avril, où le partenariat avec le salon d’art vient d’être prolongé.
Les frontières s’estompent
Pièce unique ou série limitée, le meuble contemporain trouve ainsi son public plus facilement, comme l’atteste la bonne semaine enregistrée aussi bien chez Maria Wettergren, Carpenters Workshop Gallery ou encore Mouvements Modernes et Fumi, qui présentait une table en chêne de Francesco Perini avec une impressionnante incrustation d’onyx, mise à prix 60 000 £. Design ou art, la frontière s’estompe, si bien que certains, comme les Suisses de Vertes, préfèrent accrocher leurs toiles au PAD plutôt qu’à Frieze, bien récompensés par la vente d’un Pumpkin de Yayoi Kusama à 250 000 £. Jean-Jacques Dutko précise : «J’ai toujours aimé le mélange que je peux présenter ici, tel un intérieur. Les clients qui viennent acheter des chaises de Philippe Anthonioz peuvent découvrir une peinture de Jean-Pierre Pincemin par la même occasion. De plus, l’emplacement en plein Mayfair, en face de Phillips et à côté de toutes les galeries d’art, pousse les gens à revenir plusieurs fois faire un tour, contrairement à Frieze ou Frieze Masters, qui sont à Regent’s Park.» Même son de cloche pour Robin Katz qui assure avoir le choix tous les ans mais privilégie sans hésitation le cadre plus intime des allées du PAD, où il alignait notamment une tête en bronze de Bourdelle de 1890 et un Mariage à Saint-Sulpice dessiné par Boutet de Monvel en 1920 les chaises «Méribel» de Perriand, elles, n’étaient pas à vendre hélas. De l’art précolombien à la joaillerie, très présente avec neuf exposants cette année, les arts dans leur globalité semblent monter en puissance vis-à-vis du design, comme pour rappeler le sens premier de «PAD». Après tout, ne s’agit-il pas du Pavillon des arts et du design ?

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