Gazette Drouot logo print

Oiseaux de Barraband et prince bouddhique

Publié le , par Philippe Dufour

Ils avaient illuminé de leurs couleurs irisées la couverture de la Gazette n° 37 : ces quatre oiseaux précieux  un faisan doré de Chine, deux perruches et un perroquet à face rouge  juchés sur une terrasse et les branches d’un arbre mort, ont comblé tous les espoirs. Leur apparition à Bordeaux a déclenché une enchère à...

Oiseaux de Barraband et prince bouddhique
Jacques Barraband (1768-1809) et manufacture de Dihl et Guérhard à Paris, peinture sur plaque en porcelaine représentant un faisan doré de Chine et trois perroquets sur une terrasse et tronc d’arbres, datée «an 6» (22 septembre 1797-21 septembre 1798), 59,5 cm x 49,3 cm.
Adjugé : 565 800 €

Ils avaient illuminé de leurs couleurs irisées la couverture de la Gazette n° 37 : ces quatre oiseaux précieux  un faisan doré de Chine, deux perruches et un perroquet à face rouge  juchés sur une terrasse et les branches d’un arbre mort, ont comblé tous les espoirs. Leur apparition à Bordeaux a déclenché une enchère à 565 800 €, soit plus de cinq fois l’estimation de base, et un record pour une œuvre de leur auteur, Jacques Barraband (source Artnet). Rappelons que l’artiste n’est autre que l’un des meilleurs peintres d’oiseaux de ce tournant du XIXe siècle ; après cette plaque, présentée à l’Exposition des produits de l’industrie française de l’An VI, il se spécialisera dans l’illustration d’ouvrages zoologiques et spécialement ornithologiques, privilégiant les volatiles exotiques, aras et autres oiseaux de paradis. Un talent exceptionnel, dans tous les cas, qui lui ouvrira les portes des palais napoléoniens, et même espagnols : Barraband participera à la décoration du cabinet de platine de la Casa del Labrador au palais d’Aranjuez. Rappelons que notre chef-d’œuvre  le mot n’est pas trop fort  a été peint sur une plaque de porcelaine sortie de la manufacture parisienne de Dihl et Guérhard, l’une des plus prestigieuses du Directoire et de l’Empire, et dont la qualité d’exécution lui vaut d’être comparée à celle de Sèvres. Ce véritable tableau a appartenu à Joseph Chavane de Dalmassy (1854-1954), et provient de son arrière-grand-père, Charles Athanase Walckenaer (1771-1852), ethnographe, entomologiste et géographe. Avec le deuxième lot important de la vacation, on gagnait en spiritualité : il s’agissait d’une grande représentation bouddhique réalisée en Chine au XVIIe ou au XVIIIe siècle. Peinte à l’encre et couleurs sur une toile, elle met en scène le luohan Rahula, petit-fils de roi et fils du bouddha Sakyamuni, assis dans une grotte ; il retire ici sa couronne princière pour devenir moine. Une peinture similaire se trouve dans les collections du musée Guimet à Paris. Pour lui, les collectionneurs s’affrontaient aussi jusqu’à 18 450 €. 
 

Chine XVIIe-XVIIIe siècle. Peinture bouddhique, encre et couleurs sur toile, représentant le luohan Rahula, 104 x 63 cm. Adjugé : 18 450 €
Chine XVIIe-XVIIIe siècle. Peinture bouddhique, encre et couleurs sur toile, représentant le luohan Rahula, 104 x 63 cm.
Adjugé : 18 450 €
Gazette Drouot
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 4 articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne