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Modèle d’une œuvre de l’Algarde

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Dans cette vente d’objets d’art de belle tenue, la surprise est venue de cette terre cuite, modèle d’une œuvre connue de l’Algarde.

De ou d’après Alessandro Algardi, dit l’Algarde (vers 1595-1654), XVIIe siècle, Bourreau... Modèle d’une œuvre de l’Algarde
De ou d’après Alessandro Algardi, dit l’Algarde (vers 1595-1654), XVIIe siècle, Bourreau du groupe de La Décollation de saint Paul, terre cuite, h. 54,5 cm.
Adjugé : 109 480 


Le nom de la famille Spada compte parmi ceux de ses généreux mécènes ayant permis à l’art de s’épanouir dans l’Italie de la Renaissance et du XVIIe siècle. En 1631, Virgilio commande au sculpteur Alessandro Algardi dit l’Algarde — originaire de Bologne mais désormais installé à Rome où il bénéficie des faveurs papales — un groupe pour orner la chapelle familiale de l’église San Paolo Maggiore de la cité lombarde. Ainsi la Décollation de saint Paul est-elle officiellement inaugurée en 1647. Elle témoigne d’une tendance classicisante chez cet artiste qui toute sa vie sera comparé au Bernin – le maître napolitain lui opposant sa fougue baroque. À ce jour, trois des dessins préliminaires et trois épreuves préparatoires en terre cuite sont référencés dans le monde, dont un bozzetto au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Ce Bourreau pourrait être un quatrième de ces modèles. Précautionneusement présenté comme étant soit de la main du sculpteur, soit d’après lui, il n’a pas manqué de susciter l’intérêt d’enchérisseurs, lesquels se sont battus avant que la hache – pardon le marteau – ne s’abatte à 109 480 €. Après la décollation venait un sujet porteur d’espérance pour certains puisqu’il s’agit de l’Annonciation. Un groupe (h. 42,5, l. 26 cm) en noyer sculpté dans le Brabant vers 1480-1510 dispensait sa douceur à 27 048 €. Il est attribué à Jan Borman l’Ancien (actif de 1479 à 1520), dont l’atelier bruxellois fournissait des œuvres présentant des caractéristiques semblables : visages allongés, nez fins, cheveux ondulés tombant largement à l’avant des épaules… La porcelaine constituait un chapitre préalable. Déjà, des résultats sérieux étaient venus récompenser des pièces délicates, notamment celles sorties des fours de la manufacture royale de Sèvres au XVIIIe siècle. La paire de bougeoirs (h. 68 cm) datée vers 1768 et montée en bronze doré, reproduite page 41 de la Gazette n° 7 (voir l'article Morceaux choisis d’une vente classique), se torsadait à 12 880 € et une écuelle «ronde tournée» de première grandeur (l. 19 cm), accompagnée de son plateau (diam. 20,5 cm) et son couvercle ornés en polychromie d’oiseaux dans des paysages et de cartouches rocaille or, était déposée à 18 042 €.

vendredi 25 février 2022 - 11:00 (CET) - Live
Salle 5-6 - Hôtel Drouot - 75009
Coutau-Bégarie
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