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Majorelle, retour vers le haut atlas

Publié le , par Caroline Legrand
Vente le 14 décembre 2019 - 14:00 (CET) - 12-14, rue Peyronnet - 33800 Bordeaux

Totalement inédite sur le marché, cette peinture décrit une fête du printemps dans la vallée d’Ounila, au Maroc. Une impressionnante composition mêlant arts du portrait et du paysage.

Jacques Majorelle (1886-1962), La Promenade du printemps en Ounila, huile sur carton,... Majorelle, retour vers le haut atlas
Jacques Majorelle (1886-1962), La Promenade du printemps en Ounila, huile sur carton, 76 107 cm.
Estimation : 40 000/60 000 

Jacques Majorelle déploie tout son talent dans cet impressionnant tableau, acheté dans une galerie à Casablanca par le grand-père de l’actuel propriétaire (qui vécut au Maroc des années 1930 jusqu’en 1962). Absent de l’ouvrage de référence sur l’artiste réalisé par Félix Marcilhac (ACR Édition 1988), il s’annonce comme l’un de ses chefs-d’œuvre. On y découvre ainsi un cadrage plutôt rare chez son auteur, offrant une vue en contre-plongée, et non l’inverse comme il en avait l’habitude, pour ses vues de casbahs des années 1920 notamment. Par ailleurs, la citadelle berbère n’est pas l’unique sujet de ce tableau, nos regards étant irrésistiblement attirés par cet incroyable défilé de femmes aux costumes bigarrés, saisissante galerie de portraits. Dans un style à la fois réaliste et décoratif, Majorelle nous plonge dans une scène traditionnelle de la vallée d’Ounila une marche célébrant le début du printemps. Le peintre connaît bien cette région, située entre Telouet et Aït Benhaddou, dans le Haut Atlas. Il s’y rend une première fois à partir de 1921 après en avoir obtenu l’autorisation des autorités car l’endroit n’est sécurisé que depuis peu. Le peintre obtient ainsi le privilège d’être l’un des premiers artistes français à s’y aventurer, en compagnie de son épouse Andrée Longueville. Durant ce voyage, il découvre notamment Anemiter, citadelle accrochée au flanc de la montagne qui deviendra l’un de ses sites de prédilection. Il représentera à de nombreuses reprises les architectures cubistes de ces maisons traditionnelles, aux couleurs blanches et ocres. À la fin des années 1930, après avoir consacré des années à ses «beautés noires», Jacques Majorelle repartira pour le Haut Atlas, avec la volonté de décrire des scènes de la vie quotidienne dans un style monumental. C’est à ces «œuvres de synthèse», marquant l’apogée de sa carrière, qu’est rattachée cette Promenade du printemps en Ounila. Une impressionnante immersion dans le quotidien de ces casbahs nichées dans les montagnes.

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