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Maître de Claude de France, allons voir si la rose…

Le 29 novembre 2018, par Anne Doridou-Heim

Il fallait bien plus que les 30 000/40 000 € d’estimation avancés pour décrocher ce rare pontifical (voir Gazette no 40 du 16 novembre, page 77), puisque la bataille autour de son sort s’est finalement conclue sur un résultat de 280 720 €. Il faut reconnaître que cet exemplaire faisant également office de livre de prières,…

Maître de Claude de France, allons voir si la rose…
Maître de Claude de France, vers 1530, pontifical et livre de prières, peau de vélin, orné de soixante et une miniatures dont deux grandes et cinquante-neuf en décoration florale autour du texte manuscrit, un volume in-8o.
Adjugé : 280 720 €

Il fallait bien plus que les 30 000/40 000 € d’estimation avancés pour décrocher ce rare pontifical (voir Gazette no 40 du 16 novembre, page 77), puisque la bataille autour de son sort s’est finalement conclue sur un résultat de 280 720 €. Il faut reconnaître que cet exemplaire faisant également office de livre de prières, réalisé sur peau de vélin par le Maître de Claude de France vers 1530 dans un atelier tourangeau, avait tout pour séduire les initiés. Si l’artiste qui l’a enrichi de deux grandes miniatures l’une de dédicace en frontispice et l’autre héraldique in fine et surtout, d’une riche décoration florale, est demeuré anonyme tout juste suppose-t-on qu’il se prénommait Théobald ou Thibaut , on sait qu’il appartenait à la belle école tourangelle développée autour des figures de Jean Bourdichon (vers 1457-1521) et de Jean Poyer (1445-1503). Ces enlumineurs ont su fusionner les innovations picturales et décoratives venues d’Italie et des Pays-Bas pour créer un style régional unique, marqué surtout par des images d’une grande beauté formelle. L’auteur, qui a œuvré pour la reine Claude de France (1499-1524) d’où le patronyme lui ayant été donné , semblait fier de son travail puisqu’il s’est représenté offrant son ouvrage à son commanditaire, l’archevêque de Tours de 1528 à sa mort, Antoine de La Barre (1490-1547). Ce livre a rejoint au cours du XVIe siècle le trésor de la Sainte-Chapelle de Dijon, d’où les pillages révolutionnaires l’ont délogé. Il a heureusement survécu avant de se retrouver dans les bibliothèques Varenne et Alfred de Vaulabelle. La région Centre-Val de Loire va célébrer l’année prochaine, comme il se doit, le 500e anniversaire de la disparition de Léonard de Vinci, mais aussi de la naissance de Catherine de Médicis à Florence et du lancement des travaux de construction du château de Chambord. Plus de cinq cents événements culturels sont ainsi attendus dans toute la région, afin de rappeler son apport essentiel à la Renaissance grâce à la présence d’un foyer d’esprits créatifs et d’humanistes éclairés. La redécouverte de ce livre rare y participe à sa manière.

livres anciens et modernes, manuscrits, autographes, estampes
mardi 20 novembre 2018 - 11:00 (CET) - Live
Salle 14 - Hôtel Drouot - 75009
Thierry de Maigret
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