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Linzeler - Marchak et Vacheron Constantin

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Cette pendulette de Linzeler et Marchak faisait plusieurs fois le tour du cadran avant de s’arrêter sur un prix laissant coite la précieuse carpe koï.

Linzeler - Marchak, «La carpe koï», vers 1925, pendulette en onyx, corail, nacre,... Linzeler - Marchak et Vacheron Constantin
Linzeler - Marchak, «La carpe koï», vers 1925, pendulette en onyx, corail, nacre, émail noir, jade et diamants, les aiguilles stylisées en forme de temple chinois, cadran en nacre signé «VM» pour Vladimir Makovsky, mouvement mécanique signé Vacheron Constantin, 14 10 cm.
Adjugé : 317 500 

Évidemment, elle faisait son effet ! La pendulette au modèle de «La carpe koï » se faisait désirer, obligeant ses poursuivants à batailler avec force avant que l’un ne l’emporte finalement pour 317 500 €. Précieusement ornementé grâce à l’emploi harmonieux de plusieurs nacres teintées, mais aussi l’onyx, le corail, le jade, l’émail et les diamants, ce garde-temps est une création de la maison Linzeler - Marchak qui, pour le mouvement mécanisme, avait fait appel à Vacheron Constantin et pour la nacre, au maître Vladimir Makovsky – dont on retrouve les initiales. À voir le style, la finesse d’exécution ainsi que les références à l’Extrême-Orient, on pense aux pièces signées Cartier de la même époque et, de fait (voir l'article Par Linzeler - Marchak et Vacheron Constantin de la Gazette n° 11, page 50), Alexandre Marchak était le digne fils d’un bijoutier de la cour impériale de Russie, surnommé le «Cartier de Kiev». Mais c’est surtout la folle période des années art déco, lorsque les meilleurs artisans travaillaient les uns pour les autres dans l’unique but de produire ce qu’il y avait de plus beau, que raconte cet objet. L’histoire de l’orfèvre parisien Robert Linzeler (1872-1941) est attestée depuis 1897. Ses affaires sont rapidement florissantes puisqu’en 1903 il s’installe dans un vaste hôtel particulier (480 mètres carrés) du 8e arrondissement. La donne change avec la Première Guerre mondiale et, en 1922, Alexandre Marchak entre dans le capital de sa société. En 1925, sous le nom de Linzeler - Marchak, elle reçoit un grand prix à la fameuse Exposition des arts décoratifs, avant qu’en décembre 1927 elle ne soit rebaptisée A. Marchak. Cette pendulette doublement signée appartient donc à une courte et précieuse période comprise en 1925 et 1927, années de leur meilleur en matière de haute joaillerie. On comprend aisément son résultat sonnant, mais non trébuchant !

vendredi 25 mars 2022 - 13:30 (CET) - Live
Salle 2 - Hôtel Drouot - 75009
Beaussant Lefèvre & Associés
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