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Lièvre, un talent recherché

Le 13 décembre 2018, par Sophie Reyssat

Accidentée sur la ceinture, montrant une réparation sur son marbre et avec un bronze manquant, cette table obtenait néanmoins un résultat remarquable. Elle a en effet été réalisée par Édouard Lièvre, l’un des plus importants décorateurs de son époque, tant par l’originalité que par la qualité d’exécution de ses œuvres,…

Lièvre, un talent recherché
Édouard Lièvre (1829-1886), table de milieu rectangulaire en bois noir, ornementation de bronzes, fin du XIXe siècle, 76 x 123 x 81 cm.
Adjugé : 47 278 €

Accidentée sur la ceinture, montrant une réparation sur son marbre et avec un bronze manquant, cette table obtenait néanmoins un résultat remarquable. Elle a en effet été réalisée par Édouard Lièvre, l’un des plus importants décorateurs de son époque, tant par l’originalité que par la qualité d’exécution de ses œuvres, au demeurant rares. Suite à son décès, à l’occasion des deux ventes (en 1887 et en 1890) pour disperser les meubles et les objets qu’il avait dessinés, la presse déclarait déjà que «ses meubles feront époque», et les acheteurs étaient au rendez-vous. Une trentaine d’années plus tard, il est pourtant oublié. On a depuis redécouvert le travail de celui qui fournissait nombre de personnalités, auxquelles il facturait ses créations très recherchées à plus du double du prix pratiqué par d’autres décorateurs. Présentées chez les marchands de nouveautés les plus cotés, comme l’Escalier de cristal, ses pièces sont en effet éditées par de grandes maisons, notamment Barbedienne pour les bronzes et Christofle pour l’orfèvrerie. À ce titre, Lièvre est naturellement représenté au musée d’Orsay, qui conserve un modèle similaire de cette table. On peut ainsi savoir que la pièce absente sur le meuble vendu ce samedi était composée de deux demi-sphères ajourées en bronze doré, placées de part et d’autre de l’entretoise. L’institution parisienne date sa table de palissandre vers 1878. Comme pour les autres ornements, en particulier les masques fantasques de lions ornant le haut des pieds, Lièvre puise son inspiration en Asie. Créateur à l’imagination féconde, il a dessiné toutes sortes de meubles japonisants ou d’esprit Renaissance, des bronzes d’ameublement, mais aussi des céramiques. Il a été immortalisé par Zola dans Nana, sous le nom de Labordette. L’autre artiste de la journée était Roger de La Fresnaye, dont les Arbres, une huile sur carton des années 1910, étaient emportés pour 7 368 € (voir Gazette n° 43, page 164). 

tableaux, mobilier XVIIIe et XIXe et des années 1970-1980, objets d'art, sculptures, vins et alcools, bijoux, décorations, insignes, céramiques, tapis, tapisseries
samedi 08 décembre 2018 - 14:00 (CET)
10, quai de l'Essonne - 91100 Corbeil-Essonnes
Camper - Dabernat
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