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Les livres de la bibliothèque des ducs de Montmorency

Résultat 195 000 EUR
Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 14 octobre 2022 - 15:00 (CEST) - Salle 2 - Hôtel Drouot - 75009

Bibliophiles et institutions reconnaissaient la valeur des livres de la bibliothèque des ducs de Montmorency, tout spécialement de ceux dotés d’une reliure armoriée.

Érasme (vers 1467-1536), L’Éducation d’un prince chrétien, traduction en français... Les livres de la bibliothèque des ducs de Montmorency
Érasme (vers 1467-1536), L’Éducation d’un prince chrétien, traduction en français de l’Institutio principis christiani, manuscrit enluminé, reliure postérieure en maroquin olive aux armes de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé (1736-1818).
Adjugé : 195 000 €

Les livres extraits de la bibliothèque des ducs de Montmorency avaient fait l’objet d’un Focus dans notre magazine du 30 septembre (voir l'article Livres anciens à pedigree : attention pépites ! de la Gazette n° 34, page 20), la rareté, les reliures et la qualité de provenance des ouvrages sélectionnés y étant mises en évidence. Leur dispersion a été une concrétisation, portée à 596 000 € et ponctuée notamment de deux belles préemptions. Le musée Condé du domaine de Chantilly a acquis pour 195 000 € cet exemplaire de L’Éducation d’un prince chrétien. Si le texte est court, il n’en est pas moins essentiel dans l’histoire car rédigé par Érasme à l’attention du futur Charles Quint. Son intérêt était ici augmenté par l’enrichissement postérieur de sa reliure en maroquin olive aux armes de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé. La bibliothèque Mazarine emportait ensuite à 9 750 € un curieux recueil, celui des Lettres panégyriques aux héros de la France par le sieur de Rangouze («aux dépens de l’autheur, avec privilège du roy»). Ces textes de doléance, publiés en 1648 à Paris, ont été regroupés dans une reliure en plein maroquin à la Duseuil aux armes de Mazarin, et ce dans la courte période où ce dernier fut prince-évêque, soit le début des années 1650. Le travail des relieurs continuait à retenir l’attention des bibliophiles avertis. Cette édition de 1678 du Felsina pittrice de Carlo Cesare Malvasia – souvent qualifié de Vasari bolonais – était emporté à 68 900 €, triplant les estimations. De fait, les deux volumes sont habillés en plein maroquin rouge d’une reliure dite «au soleil». Au centre de chaque plat, l’astre enchâssé dans des rameaux de lauriers rayonne. L’habit est en parfaite adéquation avec le texte qu’il protège, l’auteur le dédiant en effet à Louis XIV avec ces mots : «Il joint et augmente ces deux soleils et encore les régit. Ainsi, il orne ses cheveux d’un diadème, Ainsi, il double la luminosité du jour». En retour, le souverain magnanime l’avait gratifié de son portrait enrichi de diamants. Le poème Les Saisons de Jean-François de Lambert (1716-1803), assorti d’une peau en veau aux armes d’une princesse de Bourbon-Parme, était acquis à 29 900 €, alors que 33 800 € honoraient le manuscrit enluminé du Cérémonial des vestures et professions aux armes d’Armande du Plessis (tous deux reproduits dans l’article ci-dessus mentionné), parfait résumé de ce rare ensemble.
 

Carlo Cesare Malvasia (1616-1693), Felsina pittrice: vite de pittori bolognes […], Bologne, 1678, 2 volumes in-4o, plein maroquin rouge, r
Carlo Cesare Malvasia (1616-1693), Felsina pittrice: vite de pittori bolognes […], Bologne, 1678, 2 volumes in-4o, plein maroquin rouge, reliure dite «au soleil».
Adjugé : 68 900 
vendredi 14 octobre 2022 - 15:00 (CEST) - Live
Salle 2 - Hôtel Drouot - 75009
Coutau-Bégarie
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