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Le réveil de la laque vietnamienne

Le 19 avril 2018, par Anne Doridou-Heim

On attendait le laque de Nguyen Son de l’école de Thu Dau Môt (voir Gazette n° 14 du 6 avril, page 58), c’est celui de Nguyen Van Ro (1921-1997) qui s’est balancé au gré d’un vent de mousson favorable. Son Bananier (reproduit ci-dessus), réalisé vers 1953 en laque or sur fond rouge deux couleurs qui rappellent celles du…

Le réveil de la laque vietnamienne
Nguyen Van Ro (1921-1997), Bananier, laque à l’or sur fond rouge, vers 1953, 83 x 122 cm.
Adjugé : 57 150 €

On attendait le laque de Nguyen Son de l’école de Thu Dau Môt (voir Gazette n° 14 du 6 avril, page 58), c’est celui de Nguyen Van Ro (1921-1997) qui s’est balancé au gré d’un vent de mousson favorable. Son Bananier (reproduit ci-dessus), réalisé vers 1953 en laque or sur fond rouge deux couleurs qui rappellent celles du drapeau national , agitait ses palmes à 57 150 €. Un prix record pour un artiste professeur à l’école des arts appliqués de Gia Dinh (dans le sud du pays), entre 1955 et 1975, et des plus rares sur le marché de l’art. Cette double décennie marque une période très trouble dans l’histoire d’un Vietnam en pleine conquête de son indépendance. Mais, malgré la guerre et les privations, l’art continue à se diffuser dans le pays, et Van Ro fait partie de ces artistes qui choisissent de rester et de former des jeunes aux techniques traditionnelles de la laque poncée. L’un de ses élèves, Nguyen Van Minh (1930-2014), issu de sa première promotion en 1955, était présent également dans cette vacation. Ses Fleurs mauves (57 x 66 cm), de 1977, éclataient sur le fond or du panneau à 35 560 €. Si ces techniques ont été remises à l’honneur, c’est en grande partie grâce à deux artistes français venus enseigner à Hanoï : Joseph Inguimberty (1896-1971), dont un paysage de rizières du delta tonkinois, peint à l’huile sur toile en dégradés de vert, retenait 40 640 €, et Alix Aymé (1894-1989). Venue pour accompagner son époux chargé d’une brève mission, celle-ci vivra près de vingt ans sur le continent asiatique, se passionnant pour sa culture, et enseignera la laque à l’école des beaux-arts d’Hanoï, entre 1934 et 1939. Un panneau de bois laqué polychrome (45 x 37,5 cm), représentant une mère et son enfant au bord du fleuve, racontait des bribes de cette histoire à 21 590 €. À l’instar des résultats des encres et couleurs sur soie des artistes indochinois, ceux des maîtres de la laque ne cessent de grimper, révélant de nouvelles signatures à chaque manifestation.

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