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Le Pérou s’invite chez Taylor

Publié le , par Agathe Albi-Gervy

La Fondation expose vingt artistes contemporains d’envergure internationale, dans le prolongement d’une manifestation née à Lima en 2014, Comparart, qu’elle soutient depuis ses débuts.

Alberto Guzmán, Partition, 1967, acier inox soudé, 50 x 22 x 12 cm. Le Pérou s’invite chez Taylor
Alberto Guzmán, Partition, 1967, acier inox soudé, 50 x 22 x 12 cm.


Pour la première fois depuis soixante ans, les plus grands artistes contemporains péruviens sont réunis à Paris. Leur dernière présentation, noyée au milieu des chefs-d’œuvre incas, remonte en effet à 1958, lors de l’exposition «Les trésors du Pérou» au Petit Palais. Or, le pays ne veut plus devoir son rayonnement culturel à un passé pluricentenaire. Les artistes exposés à la fondation Taylor prouvent au contraire l’originalité de la scène contemporaine. La plupart vivent ou ont vécu en France, et cultivent un art, si ce n’est métissé, du moins en dialogue avec deux systèmes de représentation. Le premier d’entre eux, Alberto Guzmán  disparu l’an dernier , a participé aux plus grandes biennales et exposé jusqu’à la fondation Peggy Guggenheim à Venise et au musée d’Art moderne de la Ville de Paris. À ses côtés, les tableaux de Gerardo Chavez, d’Herman Braun-Vega, d’Enrique Polanco et de Fernando de la Jara côtoient les sculptures de Fabian Sanchez et celles de Martin Salazar, les installations de Jota Castro, les photographies d’Ana de Orbegoso ou les dessins d’Annie Flores. Tous étaient déjà rassemblés en 2014 et 2016 à Lima, à l’occasion des deux premiers volets d’une manifestation née comme une biennale dans la capitale péruvienne, et que la fondation Taylor prolonge ici : Comparart. Entre salon et exposition muséale, les œuvres sont à vendre et les bénéfices reviennent entièrement aux artistes. Un ambitieux projet porté avec détermination par sa fondatrice, Malena Santillana, artiste péruvienne arrivée à Paris il y a vingt ans et partageant son temps entre la France, la Colombie, le Brésil et son pays natal.
Des ambitions internationales
Comparart voit le jour en 2014, avec pour mission de promouvoir la scène artistique nationale. Au musée de la Nation de Lima, la biennale rassemble alors plus de soixante-dix des plus grands artistes contemporains péruviens. Elle reçoit le soutien de la presse, des ministères de la Femme et de la Culture, ainsi que celui de la fondation Taylor  précisons, pour comprendre la genèse de ce rapprochement, que Malena Santillana et Jean-François Larrieu, président de la fondation, se connaissaient déjà. Deux ans après, l’inauguration du nouveau musée de la Nation offre l’occasion à Comparart de transformer l’essai. La fondation Taylor y envoie dix-sept artistes français, et non des moindres : Villeglé, Combas, Fromanger, Orlan… qui, tous, ont accepté de prêter des œuvres. Drouot, déjà partenaire de la fondation parisienne, rejoint naturellement l’aventure. De l’aveu même des organisateurs, mener à bien un tel projet avec le Pérou n’a pas été sans obstacles : transports, logistique et infrastructures y sont encore fragiles. Jusqu’en 2010, le ministère de la Culture n’y existait pas, et le musée d’Art contemporain de Lima n’a été fondé qu’en 2013. Le taux élevé des impôts sur les œuvres d’art empêche tout collectionnisme de s’enraciner. Cependant, l’optimisme peut être permis, notamment grâce à un projet de loi relatif au mécénat qui pourrait bientôt être mis à l’étude. Finalement, l’action de Comparart, soutenue par la fondation Taylor, a agi comme un révélateur et un catalyseur. Et son expansion à l’international ne va pas s’arrêter en si bon chemin : le Chili a d’ores et déjà invité la manifestation en 2020, mais le Mexique est également sur les rangs.

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