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Le contenu de la Maison de verre de Pierre Chareau sous le marteau

Publié le , par Nicolas Bousser
Vente le 07 octobre 2021 - 14:00 (CEST) - 9, avenue Matignon - 75008 Paris

Près de quatre-vingt-dix ans après sa conception par Pierre __TexteRechercheEnGrasChareauTexteRechercheEnGras__ pour le couple Dalsace, la Maison de verre continue de fasciner. Une partie de son mobilier et de ses tableaux s’apprête à passer sous le feu des enchères.

Pierre Chareau (1883-1950). Table "MB 106" à quatre éléments, vers 1924, noyer, placage... Le contenu de la Maison de verre de Pierre Chareau sous le marteau

Pierre Chareau (1883-1950). Table "MB 106" à quatre éléments, vers 1924, noyer, placage d'ébène de Macassar et laiton, ouverte : 63 x 66 x 106 cm ; fermée : 63 x 66 x 39 cm.
Estimation : 60 000/80 000 €

Les descendants de Jean et Annie Bernheim-Dalsace ont confié à Christie’s Paris le soin de vendre une partie de leur prestigieuse collection, restée dans la famille depuis leur décès. L'essentiel de ce catalogue de 116 lots – de très haute tenue – est constitué par une soixantaine de meubles de Pierre Chareau, l'un des amis intimes du couple. Entre 1928 et 1932, le décorateur s’attelle à la réfection de leur hôtel particulier au 31, de la rue Saint-Guillaume, dans le 7e arrondissement. Ne pouvant faire table rase du bâti du XVIIIe siècle, Pierre Chareau compose, en s’adjoignant les services de l’architecte Bernard Bijvoet et du ferronnier Louis Dalbet, une structure métallique novatrice aux parois de verre. Il imagine pour les 576 m2, répartis sur trois étages, quelques pièces de mobilier venant s’ajouter à des modèles conçus entre 1918 et 1923 pour l’appartement de Jean et Annie sur le boulevard Saint-Germain, ou provenant de l'ancienne maison de campagne des Bernheim, à Noisy-le-Sec.

L'ensemble ainsi réuni – le dernier de cette importance en mains privées – donne à voir une image précise de l’évolution de la pratique de Pierre Chareau, signature confidentielle en ventes publiques. Les trois déclinaisons de la table "Éventail MB106", respectivement estimées 60 000/80 000, 40 000/60 000 et 25 000/30 000 €, rappellent la récurrence de cette forme dès 1923, dans des réalisations obsédées par le gain de place et le mouvement. Le bureau "MB 624" (200 000/300 000 €), conçu vers 1929, consacre à lui seul la large utilisation du métal systématisée dès 1926. Ils cohabitent avec des petits trésors d'épure et d'ingéniosité à l'image du bureau "MT 876", dit "Dactylo" – une pièce unique en bouleau et laiton (200 000 €) –, ou d'un porte-manteau en métal (40 000/60 000 €), dont le Centre Pompidou conserve un exemplaire identique. Comme leurs camarades, ils ont accompagné pendant des décennies le quotidien de leurs propriétaires.

Si la Maison de verre – désormais possession de l'Américain Robert Rubin – ne reçoit que de très rares visiteurs, les Dalsace en avaient fait une demeure ouverte sur le monde, lieu de rencontre de toute l’intelligentsia d’avant-garde de l'époque. Férus d'art, ils se lient d’amitié avec Jean Lurçat et la galeriste Jeanne Bucher. Une Nature morte au verre de Georges Braque (300 000/500 000 €), des Chevaux sur la plage de Giorgio De Chirico (200 000/300 000 €) et une Composition aux oiseaux de Max Ernst (70 000/100 000 €) témoignent de cette infatigable curiosité artistique.

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jeudi 07 octobre 2021 - 14:00 (CEST)
9, avenue Matignon - 75008 Paris
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