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Le Brun, ordonnateur du Roi-Soleil

Le 21 mars 2019, par Anne Foster

Protégé du chancelier Séguier et du cardinal Mazarin, Charles Le Brun, après un essai à Vaux-le-Vicomte, met en œuvre ses idées de grande décoration, inspirées de l’Italie baroque, au Louvre, et ensuite à Versailles pour la gloire de Louis XIV.

Le Brun, ordonnateur du Roi-Soleil
Charles Le Brun et collaborateur (1619-1690), Étude pour le plafond de la galerie d’Apollon au Louvre, plume et encre noire, lavis gris et brun, rehauts d’or, de blanc et d’aquarelle, 27,5 16 cm.
Estimation : 40 000/60 000 

Artiste doué et précoce, Le Brun rapporte de Rome une fascination pour les décors chatoyants de peintures, sculptures et marbres : parfaits écrins pour des tapisseries et tentures, des objets d’art et meubles fastueux. Tout est riche certes, mais aussi joyeux, impressionnant, tout en étant plein de vie. Il avait eu le loisir d’expérimenter ce programme décoratif à son retour d’Italie pour Vaux-le-Vicomte, qui attire l’attention de Colbert, et surtout du jeune souverain, Louis XIV. Le Brun est appelé à imaginer une œuvre d’art totale pour une galerie de réception au Louvre. Le 6 février 1661, un décor éphémère pour un ballet donné en l’honneur du roi prend feu dans la «petite galerie», reliant, au premier étage du palais, la Grande Galerie à une aile de la cour Carrée. Reconstruite par l’architecte Louis Le Vau, son décor est placé sous la direction de Charles Le Brun qui coordonne tous les corps de métiers. Un travail gigantesque au vu de l’ampleur et de la complexité des travées du plafond, associant peintures et sculptures, des figures modelées dans le stuc. Il suffit de regarder ces satyres transformés en termes pour soutenir un angle de la voûte du plafond de la galerie d’Apollon ; grimaçants à souhait, ils font face à une figure de jeune homme vu de dos et en équilibre instable. Au final, cent cinq œuvres d’art sont comprises pour cette voûte achevée au XIXe siècle. Le peintre choisit le thème du soleil, sa course dans l’espace et dans le temps, vision idyllique de l’harmonie dont le dieu  et donc le roi, appelé «Roi-Soleil»  est le garant. Ainsi devaient se succèder l’Arrivée de l’aurore, L’Étoile du matin, Apollon en gloire (Delacroix livre en 1851 Apollon terrassant le serpent Python), Morphée, et enfin La Nuit. L’eau et la terre sont représentées réciproquement par Le Triomphe de Neptune et Le Triomphe de Cybèle. Un tel projet devait être approuvé par Louis XIV. Le Brun lui présente un ensemble de dessins composant «une première idée» ; un devis du 3 mai 1663 décrit une étape intermédiaire. Ce dessin s’insère dans un groupe d’études pour les ornements placés à la retombée de la voûte du plafond d’Apollon. Dans Peupler les cieux. Dessins pour les plafonds parisiens au XVIIe siècle (2014), Bénédicte Gady remet en perspective deux dessins conservés au Louvre, un dessin appartenant au musée de Montpellier et un autre conservé au Hessisches Landesmuseum de Darmstadt faisant partie à l’origine de deux grandes feuilles ; un système d’encoches sur le bord des dessins a permis de les mettre en correspondance, celui-ci se plaçant avant celui de Darmstadt. À partir de 1678, Versailles occupera totalement Le Brun et son équipe… la galerie reste inachevée.

dessins anciens
jeudi 28 mars 2019 - 18:30 (CET) - Live
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