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Le bijou au Japon, une histoire jeune et un raffinement extraordinaire

Publié le , par Sandrine Merle

Le pays du Soleil-Levant influence depuis longtemps les joailliers occidentaux et les artisans nippons sont devenus des acteurs majeurs de la création contemporaine. Or il n'y a pas de tradition du bijou au Japon. Décryptage.

Fumiki Taguchi, «White Expressions, Series 1», 2020, broche-pendentif en argent,... Le bijou au Japon, une histoire jeune et un raffinement extraordinaire
Fumiki Taguchi, «White Expressions, Series 1», 2020, broche-pendentif en argent, placage rhodium, 14 x 9 x 3,6 cm. À la galerie Noel Guyomarc’h (Montréal).
© Fumiki Taguchi
Le plus étonnant avec le bijou au Japon… c’est qu’il n’y en a pas. En tout cas, il n’y en avait pas jusqu’à la fin du XIX e   siècle au sens où nous l’entendons  : pas de bague ni de collier, de bracelet ou de boucles d’oreilles. Aucun joaillier centenaire comme en France ou en Italie. L’art de l’ornementation s’y est défini avant tout par le vêtement  : le nombre de kimonos superposés (deux, trois voire cinq), la façon dont le obi (la ceinture) est noué, les couleurs, les motifs et leurs placements indiquent le statut social, la richesse et le goût. «Sur certains tissus, on a dénombré jusqu’à vingt fils de soie et de métal différents, ce qui laisse peu de place à d’autres ornementations», explique la galeriste et spécialiste Cristina Ortega. Autre raison justifiant l’absence de bijou  : le kimono dissimule le corps, le col laisse à peine entrevoir la nuque et les larges manches retombent sur la main. Avant que le costume occidental ne soit adopté à la fin du XIX e   siècle, un des rares espaces disponibles est la chevelure, dont l’arrangement extrêmement codifié permet de savoir qui est qui. Les ornements atteignent alors des sommets de sophistication. Les kanzashi, épingles…
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