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La mythologie de Giorgio De Chirico

Publié le , par Caroline Legrand
Vente le 17 novembre 2021 - 15:00 (CET) - 224, rue Paradis - 13006 Marseille

Dûment référencée dans le catalogue raisonné de l’artiste par la Fondation Giorgio et Isa De Chirico, cette toile a été peinte en 1973 par le maître surréaliste italien. 

Giorgio De Chirico (1888-1978), Madame Rondi Gariboldi, 1973, huile sur toile signée... La mythologie de Giorgio De Chirico
Giorgio De Chirico (1888-1978), Madame Rondi Gariboldi, 1973, huile sur toile signée et datée, 58 50 cm.
Estimation : 80 000/120 000 Adjugé : 101 120 €

Une figure de mannequin, des instruments de mesure et des formes géométriques accompagnent la représentation de Madame Rondi Gariboldi. Autant d’éléments récurrents dans l’œuvre de Giorgio De Chirico, et qui participent à l’élaboration de son univers métaphysique. Dans Les Pas perdus, André Breton lui consacre un passage : «J’estime qu’une véritable mythologie moderne est en formation. C’est à Giorgio De Chirico qu’il appartient d’en fixer impérissablement le souvenir». On imagine ce qui le fascinait chez le peintre : l’artiste anticonformiste, mais aussi le concept de l’œuvre comme révélation de l’inconscient, qui connaît un écho tout particulier dans l’esprit du théoricien. Les symboles et références mythologiques ont un sens très personnel pour ce natif de Grèce, bercé par les légendes antiques. Il peut se créer ses propres fables et ses êtres fantastiques, engendrés à partir de son histoire intime. Ainsi de son père, ingénieur à Palerme dans le chemin de fer — disparu très tôt — il retiendra les instruments scientifiques. Son mannequin «métaphysique» est quant à lui le fruit de ses recherches formelles. Le premier a été peint à Paris, en 1914, sous l’influence de Guillaume Apollinaire et de son poème «Le musicien de Saint-Merry» : «Quand un homme sans yeux sans nez et sans oreille Quittant le Sébasto entra dans la rue Aubry-le-Boucher»… Né des mannequins réalistes des vitrines de mode parisiennes et de l’homme-machine des avant-gardes futuristes, il se présente comme un double de la figure humaine, un alter ego, une ombre, une marionnette ou une statue-fétiche. Voilà qui modernise d’une part le vieil accessoire d’atelier d’artiste, et d’autre part les différentes possibilités de représenter l’être humain, en le saisissant dans sa forme matérielle, entre le vivant et l’inanimé. Dénué de bouche, d’yeux ou d’oreilles, il est incapable de communiquer avec l’univers extérieur, ne pouvant ainsi situer son existence que dans un monde au-delà des sens. Le mannequin métaphysique restera dans la postérité comme l’image de l’homme aliéné de l’époque moderne.
 

mercredi 17 novembre 2021 - 15:00 (CET) - Live
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