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La machine de l’abbé Nollet ou l’attrait du vide

Publié le , par Caroline Legrand
Vente le 05 octobre 2016 - 14:15 (CEST) - 12, rue des Arènes - 49000 Angers

Une rarissime pompe à vide de l’abbé Nollet nous plonge dans l’univers des sciences du siècle des Lumières. Attention, expérience risquée !

Vers 1750. Pompe à vide ou machine à pneumatique, modèle français construit selon... La machine de l’abbé Nollet ou l’attrait du vide
Vers 1750. Pompe à vide ou machine à pneumatique, modèle français construit selon les instructions de l’abbé Nollet (1700-1770), h. 133 cm.
Estimation : 12 000/15 000 €

L’esprit critique règne sur le XVIIIe siècle. Tout devient question. On s’interroge tant sur la situation politique et sociale que sur les croyances religieuses ou sur la nature qui nous entoure. Petit à petit, les sciences imposent leur pouvoir. Elles nécessitent également d’avoir recours à moult expériences. Pour comprendre notre monde, elles prennent parfois même le pas sur Dieu ! Ainsi l’abbé Nollet, physicien, n’agissait certes pas en son nom lorsqu’il réalisait ses essais avec cette pompe à vide : il enfermait un oiseau dans la cloche, actionnait les étriers afin de faire le vide, privant ainsi le volatile de tout oxygène. Asphyxié, le pauvre cobaye démontrait la réussite de cette machine destinée aux expériences sur la pression… Mais Nollet testait aussi son invention à l’aide d’une flamme, qui s’éteignait lorsqu’on retirait l’air, s’agrandissait si on en rajoutait, tandis que des étincelles apparaissaient si l’on faisait entrer de l’air dans la cloche vide. Ces pompes à vide demeurent rares, seuls une dizaine d’exemplaires sont connus, l’un étant conservé au cabinet de physique du château de Chenonceau, reconstitué au musée de l’Hôtel Goüin, à Tours. Le nôtre provient de la collection Jacques Le Breton, restaurateur d’art de la Direction des musées de France et passionné de sciences. Inlassable chercheur, Jean-Antoine Nollet poursuivit ses inventions avec la pompe à feu, qui permettait d’extraire l’eau des mines grâce à la pression du vide créé par condensation de la vapeur.

Une dizaine d’exemplaires seulement de l’invention de l’abbé Nollet sont arrivés jusqu’à nous, dont celui-ci provenant de la collection de Jacques Le Breton.

Une expérience inédite à Versailles
Ses travaux devaient également aborder l'un des sujets phares du XVIII siècle : l’électricité. Il offrit ainsi à la cour ébahie une expérience inédite au château de Versailles ; il demanda à trois cent soldats des gardes françaises de former une chaîne : le premier touche une bouteille de Leyde, chargée en électricité, et tous les soldats tressautent en même temps ! L’abbé Nollet était connu tant pour ses machines, plus étranges les unes que les autres, que pour ses expériences publiques, qui marquèrent toute une génération d’amateurs de physique. Plusieurs, même, grâce à son célèbre traité Les Leçons de physique expérimentale, dont la parution débuta en 1743. Un ouvrage qui rendit célèbre ce fils de cultivateurs devenu précepteur pour payer ses études de théologie, et laborantin pour le plaisir ! Ses talents le firent rapidement remarquer par des esprits éclairés, tels le comte de Clermont ou la duchesse du Maine. Nollet partira à Londres se perfectionner auprès de grands scientifiques, notamment Desaguliers. À son retour, en 1733, il est nommé à la direction du laboratoire de Réaumur mais le succès vient à partir de 1735, avec l’ouverture d’un cours de physique expérimentale où il démontrait  matériel spécialement fabriqué par lui-même et ses ouvriers à l’appui  les nouvelles théories de sa science. La réputation est bientôt faite et les propositions affluent. Montesquieu et l’académie de Bordeaux lui construisent un cabinet pour qu’il donne des leçons publiques ; on lui confie le cours inaugural de la chaire de physique expérimentale du collège de Navarre, puis la direction de l’académie des Sciences, en 1758. La même année, il est nommé «maître de physique et d’histoire naturelle des Enfants de France». Une consécration pour un scientifique, un technicien et un pédagogue.

instruments scientifiques et de marine
mercredi 05 octobre 2016 - 14:15 (CEST)
12, rue des Arènes - 49000 Angers
Ivoire - Deloys - de la Perraudière - d'Oysonville
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