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La curiosité est un joli défaut

Le 21 mars 2019, par Claire Papon et Anne Foster

Cette œuvre ainsi que son pendant, dont un détail est reproduit page 72, sont issus de la collection constituée dès les années 1760 par Charles Langlart (1740-1816), banquier et négociant en dentelles à Lille, mécène de plusieurs peintres régionaux, dont Watteau de Lille. À sa mort, ses tableaux sont partagés entre ses…

La curiosité est un joli défaut
Martin Drölling (1752-1817), Jeune fille écoutant à la porte, 1804, panneau d’acajou, 53,5 45,5 cm.
Estimation : 80 000/100 000 

Cette œuvre ainsi que son pendant, dont un détail est reproduit page 72, sont issus de la collection constituée dès les années 1760 par Charles Langlart (1740-1816), banquier et négociant en dentelles à Lille, mécène de plusieurs peintres régionaux, dont Watteau de Lille. À sa mort, ses tableaux sont partagés entre ses fils, Jules et Auguste, puis pour certains vendus au tout début du XXe siècle. Nos panneaux sont toutefois restés dans la descendance. Le premier auquel, correspond la devinette Qu’entend-elle ?, a été exécuté en 1804 et probablement exposé au Salon cette même année sous le titre L’Écouteuse aux portes ; le second, peint quatre ans plus tard, suscite la question Que voit-elle ? Les scènes se passent dans un intérieur parisien de l’époque. Dans l’un, une jolie espionne en robe de soie bordée de mousseline, tend l’oreille, regarde le spectateur, un doigt sur la bouche comme pour lui intimer le silence et le rendre complice de sa hardiesse. À ses côtés, son châle en cachemire, une boîte à couture sur un guéridon, un chien. Sur l’autre, une femme entre dans une pièce et découvre un tableau posé sur une chaise. Dans l’entrebâillement de la porte, un jeune homme fait signe à des invités. S’agit-il de son portrait, que son mari ou son fiancé a commandé en secret ? Ou celui de ce dernier qu’il s’apprête à lui offrir ? Dans la société bourgeoise du XVIIIe siècle et du début du suivant, le présent de son image fait partie des conventions, où l’on échange miniatures mais aussi parfois toiles. La thématique de la séduction est évoquée par la gravure d’après Titien, Vénus et Cupidon, mais aussi par le bouquet de roses et de bleuets, respectivement symboles de la passion et de la pureté des intentions d’une déclaration d’amour. D’origine alsacienne, Martin Drölling fait un bref passage à l’Académie des beaux-arts de Paris, avant de se former en copiant les peintures de l’école du Nord du XVIIe siècle. En contrat avec un marchand, il rencontre rapidement le succès avec ses scènes intimistes, d’un grand raffinement.
 

Martin Drölling (1752-1817), Une femme surprise, 1808, panneau d’acajou, 54 x 45 cm. Estimation : 40 000/60 000 €
Martin Drölling (1752-1817), Une femme surprise, 1808, panneau d’acajou, 54 45 cm.
Estimation : 40 000/60 000 

tableaux, mobilier et objets d'art, dessins, céramiques, argenterie, étoffes anciennes, tapis, tapisseries
vendredi 29 mars 2019 - 14:00 (CET) - Live
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