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La bibliothèque de l’Arsenal, un petit morceau de l’histoire de Paris

Publié le , par Jean-François Lasnier

La célèbre bibliothèque arbore dans son nom même les deux temps de son destin. Les armes ont laissé la place aux livres, non sans heurts ni hasards heureux. La récente publication d’un ouvrage fait revivre cette page méconnue de l’histoire parisienne.

Anonyme. Roue à livres, XVIIe siècle, BnF.© Photo Josse La bibliothèque de l’Arsenal, un petit morceau de l’histoire de Paris
Anonyme. Roue à livres, XVIIe siècle, BnF.
© Photo Josse
Dans Les Filles du feu , Nerval raconte l’amusante histoire d’un fantôme perturbant le sommeil du conservateur, à la bibliothèque de l’Arsenal. Les fantômes ne sonnent plus à la porte la nuit, mais ils continuent de hanter les lieux. Ils portent des noms plus ou moins connus, de Sully à Pérec, et tous ont contribué à faire de l’Arsenal ce qu’il est. Au dehors, le quartier dans son ensemble n’est pas moins hanté par nombre de monuments disparus. Se plonger dans l’histoire de l’Arsenal, c’est ainsi ressusciter un petit morceau de l’histoire de Paris, urbaine et architecturale, intellectuelle et politique. Mieux, comme le souligne Olivier Bosc, l’actuel directeur de la bibliothèque, « du XVI e   siècle à aujourd’hui, le destin de l’Arsenal s’articule avec la grande histoire de France, parce que c’est un lieu de la Couronne ». Dès Charles VIII, les souverains jettent leur dévolu sur ces terrains à l’écart du centre de Paris pour y fabriquer des armes. En 1572, l’Arsenal sera officiellement transféré sur ce site, au pied duquel coule encore la Seine. Il est placé sous l’autorité d’un grand maître de l’Artillerie, charge prestigieuse, occupée notamment par Sully. Peu à peu, l’emprise de l’Arsenal s’étend le long du fleuve et du fossé de la Bastille (l’actuel bassin de l’Arsenal). Dans de vastes bâtiments, on fond des canons pour l’ensemble du royaume, mais on fabrique aussi des affûts pour le transport ou encore de la poudre. Traditionnellement, les bâtiments protègent des collections, mais, ici, ce sont les collections qui ont protégé le bâtiment. Site industriel, l’Arsenal est également un lieu de résidence et de cour. À ce titre, l’hôtel du grand maître, où se trouve aujourd’hui la bibliothèque, est l’objet de nombreuses…
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