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L’Empire, tout un art

Publié le , par Sophie Reyssat
Vente le 06 juillet 2019 - 14:30 (CEST) - 9-11, rue Royale - 77300 Fontainebleau

Des bijoux inspirés de l’Antiquité aux souvenirs historiques, l’époque napoléonienne intéresse un large public.

Benedetto Pistrucci (1783-1855), Bacchante de profil, vers 1810, camée en fort relief,... L’Empire, tout un art
Benedetto Pistrucci (1783-1855), Bacchante de profil, vers 1810, camée en fort relief, en calcédoine cerclée d’or et dos en cuivre doré, anneau de suspension, dans son écrin «Spink & Sons Ltd 5-7 King Street St James London», étiquette «Athena  8/Z… S.Paulo», camée : 8,5 6,5, épaisseur : 1,5 cm, poids brut : 103 g, écrin : 14,5 12,5 cm. Vente du dimanche 7 juillet.
Adjugé : 125 000 

L’Antiquité était le plus beau faire-valoir du premier Empire, au programme le dimanche : sept téléphones, représentant cinq nationalités différentes, bataillaient jusqu’à près de sept fois son estimation ce camée, qui part finalement en Asie. Il a en effet été réalisé par l’un des meilleurs graveurs de pierres de l’époque, Benedetto Pistrucci. La virtuosité de son art, qui se dévoile notamment dans la finesse de la chevelure de cette bacchante enrichie de feuilles de vigne et de grappes de raisin, a séduit la sœur de Napoléon Ier, Élisa, comme la reine de Naples et la princesse Borghèse. L’artiste a d’ailleurs réalisé des portraits de profil de la famille impériale, aujourd’hui conservés au Museo della Zecca de la capitale transalpine. Après avoir exercé ses talents à Paris et à Rome, l’Italien s’est installé à Londres, à partir de 1816. Une inscription manuscrite au dos de son œuvre précise qu’elle a appartenu à Marmaduke Trattle, un riche marchand des Indes orientales collectionneur de médailles et de pierres dures. Réalisé par Filippo Gnaccarini et montrant cette fois le profil de Joachim Murat  roi de Naples, grand-duc de Berg et maréchal d’Empire , un camée d’agate recevait 50 000 €. Ce médaillon peut être porté sur un bracelet formé par des serpents, ou en boucle de ceinture (voir Gazette n° 26, page 69). À l’effigie officielle de Napoléon Ier, une fois encore immortalisé à l’antique, mais dans le bronze et par Antoine Chaudet, les collectionneurs préféraient un souvenir bien plus personnel : la relique d’une mèche de ses cheveux. Conservée par son valet Constant et présentée dans un fastueux cadre doré aux aigles impériales, elle était négociée à 18 740 €. Autre souvenir personnel, réputé avoir été utilisé à Sainte-Hélène, un verre en cristal taillé, gravé d’un écusson au «N» sous couronne, changeait de propriétaire pour 11 250 € (voir l'article ADN napoléonien de la Gazette n° 26, pages 68 et 69). 

En habit de pair de France, portant l’ordre de Saint-Louis, la Légion d’honneur et les insignes de l’ordre du Saint-Esprit, Antoine de Béziade, duc d’
En habit de pair de France, portant l’ordre de Saint-Louis, la Légion d’honneur et les insignes de l’ordre du Saint-Esprit, Antoine de Béziade, duc d’Avaray, affiche sa fidélité pour la monarchie. Ce militaire de haut rang de l’armée royale, député de la noblesse aux États généraux, est d’ailleurs resté en résidence surveillée pendant tout l’Empire. Son portrait (66 55 cm), peint par François Joseph Kinson (1770-1839) la dernière année du règne de Louis XVIII, en 1824, a été acquis le dimanche 7 juillet moyennant 5 100 €, pour rejoindre les cimaises de l’ambassade des Pays-Bas à Paris, installée dans l’hôtel de la famille d’Avray, rue de Grenelle.
Ce dessin à la mine de plomb sur papier (13,5 x 10,5 cm), présenté le dimanche 7 juillet et emporté pour 10 250 €, a pu être exécuté sur le vif par Fr
Ce dessin à la mine de plomb sur papier (13,5 10,5 cm), présenté le dimanche 7 juillet et emporté pour 10 250 €, a pu être exécuté sur le vif par François Gérard, dit le Baron Gérard (1770-1837) : Caroline Murat et ses enfants ont été rapidement placés dans la composition, pour servir d’étude au tableau aujourd’hui conservé au musée de Fontainebleau. Le Vésuve n’apparaît pas encore à travers la fenêtre, et il faudra attendre l’œuvre peinte, vers 1809, pour découvrir l’apparat de la tenue portée par la sœur cadette de Napoléon. C’est une scène de famille qui s’offre ici au regard, plutôt qu’un portrait dynastique officiel.

Le souvenir de Napoléon III était également au rendez-vous le dimanche 7 juillet, grâce à cette toile (161 x 135 cm) qui proviendrait de son chalet de
Le souvenir de Napoléon III était également au rendez-vous le dimanche 7 juillet, grâce à cette toile (161 135 cm) qui proviendrait de son chalet de Vichy. Peinte d’après Vernet par Henriette Jacotte Cappelaere (active vers 1850) en 1854, montrant le Prince-président Louis Napoléon Bonaparte et le duc de Gênes inspectant l’armée au champ de parade du camp Satory, elle était décrochée à 18 750 €. Délaissant son cheval, c’est en calèche que l’Empereur se rendit à l’Opéra le 14 janvier 1858. Il fut arrêté par les bombes de Felice Orsini, dont l’explosion a laissé des traces sur une portière et deux panneaux emportés pour 7 625 € (voir Gazette n° 26, page 69).
Deux préemptions du château de Fontainebleau marquaient le samedi 6 juillet : l’une, à hauteur de 25 625 €, pour ce glaive de héraut d’armes utilisé l
Deux préemptions du château de Fontainebleau marquaient le samedi 6 juillet : l’une, à hauteur de 25 625 €, pour ce glaive de héraut d’armes utilisé lors du sacre de Napoléon Ier (voir aussi Gazette n° 26, page 69) ; l’autre, moyennant 1 500 €, pour une épée de magistrat du premier Empire, en ébène et bronze ciselé et doré. Son pommeau arbore le visage d’Athéna, et son nœud de corps accueille l’œil de la vigilance. Les tables de la loi sur faisceaux de licteurs et glaives croisés font également partie de ses symboles. Le même jour, 3 500 € étaient requis pour la correspondance d’Eugène Loudun touchant au prince impérial (voir Gazette n° 26, page 69), tandis qu’Offenbach obtenait 9 100 € pour dix manuscrits musicaux de 1875, préparatoires à La Créole.
samedi 06 juillet 2019 - 14:30 (CEST) - Live
9-11, rue Royale - 77300 Fontainebleau
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