L’Empereur romain, un mortel parmi les dieux

Le 22 juin 2021, par Philippe Dufour
Portrait d’Auguste en sacrifiant, Paris, musée du Louvre.
© RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Hervé Lewandowski

C’est une particularité de la civilisation romaine : le culte rendu à ses empereurs, un rite complexe que l’exposition met à la portée des mortels d’aujourd’hui avec 149 objets, dont 30 prêtés par le musée du Louvre. À son origine, la figure d’Octavien, fils adoptif de Jules César, devenu empereur en 27 av. J.-C., lorsque le Sénat lui décerne le surnom sacralisant d’« Auguste ». La première partie du parcours est consacrée à l’évolution de cette « aura », qui va progressivement le faire passer du statut d’intermédiaire entre les hommes et les dieux à celui d’être divin. La métamorphose se dessine ici à travers les nombreux portraits sculptés du souverain, depuis le buste de marbre le montrant en sacrificateur, à ceux couronnés d’insignes sacrés, couronne de feuilles de chêne jupitérienne ou rayons empruntés à Apollon, son protecteur officiel. Mais loin des idées reçues, le propos souligne aussi que le culte n’est pas rendu à l’être humain – acte impie chez les Latins –, mais à ses doubles divins : le genius (génie) et le numen (puissance). À sa mort en 14 apr. J.-C., une dernière étape sera franchie avec sa consecratio, qui inaugure la divinisation post mortem de tous ses successeurs jusqu’à la fin de l’Empire. Sans oublier celle de leurs proches, illustrée ici par l’imposante statue de Livie représentée en Cérès. Ce culte impérial devait rencontrer un écho favorable dans les provinces, et particulièrement en Narbonnaise, premier territoire à avoir été conquis en Gaule par Rome. Une dévotion que retrace la seconde section, évoquant aussi les édifices dédiés à ce rituel à Béziers, Arles, Narbonne et bien sûr Nîmes. Dans la cité de Nemausus, s’élèvent alors deux ensembles monumentaux honorant les membres de la famille impériale : l’Augusteum, dont les frises aux acanthes sont pour la première fois sorties des réserves. Et la Maison Carrée, temple dynastique élevé en l’honneur de Gaïus et Lucius César, les Princes de la jeunesse.

Musée de la Romanité,
16, boulevard des Arènes, Nîmes (30), tél. 
: 04 48 21 02 10
Jusqu’au 19 septembre 2021.
www.museedelaromanite.fr
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 4 articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne