Keith Haring à Essen

Le 06 octobre 2020, par Anna Aznaour
Keith Haring (1958-1990), Untitled, 1983, acrylique sur bâche en vinyle, 186 188 cm.
Courtesy Laurent Strouk. © Keith Haring Foundation

Pour le boxeur et poète Arthur Cravan, simplifier ne voulait pas dire faire simple. Idem pour l’auteur de la sculpture The Boxers. Un brin provocateur, Keith Haring affirmait que «l’art n’est pas une activité élitiste réservée à l’appréciation d’un nombre réduit d’amateurs, il s’adresse à tout le monde.» Avec les deux cents pièces présentées dans l’imposant musée d’Essen, cette rétrospective est une véritable plongée dans les œuvres d’un artiste américain dont les pictogrammes sont connus de tous, ou presque. Le coup de trait de ce rebelle emporté par le sida en 1990, à 31 ans, lui a valu la notoriété publique dès ses 20 ans. Se dépêchant de vivre – «J’ai toujours su que je mourrais jeune» – avec ses graffitis, il érige l’espace public new-yorkais en toile géante dès son arrivée depuis sa Pennsylvanie conservatrice. Immédiatement remarqués, les personnages au graphisme limpide et coloré du jeune homme, qui sème ses messages sur des murs, poubelles et débris du Bronx, lui ouvrent les portes du mythique Club 57. S’ensuivra une envolée de la cote de l’artiste gay, qui dénonce avec humour et optimisme les dérives politiques de son époque : racisme, rejet des homosexuels, essais nucléaires, etc. «L’ensemble des œuvres présentées, peintures, dessins, vidéos, sculptures, photographies et archives, sont réparties en dix sections avec la volonté de mettre l’accent sur la personnalité de Keith Haring, activiste et innovateur infatigable qui abolissait toutes les frontières sociales», rapporte Hans-Jürgen Lechtreck, le commissaire. Parmi les pièces d’exception acquises par le musée et présentées pour la première fois figure sa série «Apocalypse», créée en collaboration avec l’écrivain William S. Burroughs. Des émotions fortes, à prolonger en visitant au même endroit un autre musée, unique en Allemagne : celui de l’Affiche, dont les collections comptent près de quatre mille pièces, retraçant l’évolution d’un art de ses débuts à nos jours, toutes thématiques comprises.

Museum Folkwang,
1, Museumsplatz, Essen, (Allemagne), tél. 
: + 49 201 8845 000.
Jusqu’au 29 novembre 2020.
www.museum-folkwang.de
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