Gazette Drouot logo print

Jannis Kounellis à la fondation Prada

Publié le , par Philippe Dufour

En septembre 1967, le critique d’art Germano Celant inventait l’expression d’arte povera pour définir les recherches révolutionnaires d’un groupe de jeunes plasticiens présentées dans une galerie génoise. Cinquante-deux ans plus tard, dans son rôle de directeur artistique de la Fondation Prada, il rend hommage au plus emblématique...

Exposition « Jannis Kounellis », Sans titre, 2011, Ca’ Corner della Regina, Venise.... Jannis Kounellis à la fondation Prada
Exposition « Jannis Kounellis », Sans titre, 2011, Ca’ Corner della Regina, Venise.
Photo : Agostino Osio - Alto Piano Courtesy Fondazione Prada

En septembre 1967, le critique d’art Germano Celant inventait l’expression d’arte povera pour définir les recherches révolutionnaires d’un groupe de jeunes plasticiens présentées dans une galerie génoise. Cinquante-deux ans plus tard, dans son rôle de directeur artistique de la Fondation Prada, il rend hommage au plus emblématique d’entre eux : Jannis Kounellis, disparu en 2017. Une rétrospective magistrale qui dialogue intimement avec les espaces de la Ca’ Corner della Regina à Venise, l’une des antennes de la fondation milanaise. Plus de soixante pièces historiques y dessinent le cheminement d’un artiste qui, après des débuts picturaux, introduit très vite des fragments de réalité dans son travail. Des éléments simples et naturels comme la laine ou le charbon qui, dès 1965, viennent animer ses installations. Kounellis convoque aussi les phénomènes immatériels, tel le feu. Celui-ci jaillit du cœur d’A Fire Daisy (1967), étrange fleur de métal reliée à une bonbonne de gaz, un accessoire récurrent chez l’artiste. À leur tour, les sens sont sollicités, et surtout l’odorat comme l’atteste l’œuvre (Sans titre, 2013) habillant le grand escalier, avec ses centaines de pesons en acier suspendus et chargés de café moulu. Elle rappelle aussi que l’Italien d’origine grecque s’est souvent confronté aux formats monumentaux, lesquels peuvent ici se déployer à leur guise. En témoigne le vertigineux ensemble, conçu en 1993, constitué d’une vingtaine d’armoires suspendues au plafond de la galerie de l’étage noble.arte

Fondation Prada,
Ca’ Corner della Regina, 2215, Santa 
Croce, Venise, tél. : +39 (0)41 810 9161.
Jusqu’au 24 novembre 2019.
www.fondazioneprada.org
Gazette Drouot
Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 4 articles.
Il vous reste 1 article(s) à lire.
Je m'abonne