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Gérard Traquandi. L’approbation de la nature

Publié le , par Virginie Chuimer-Layen

Plonger dans les œuvres de Gérard Traquandi, c’est plonger dans l’ivresse des couleurs et de la forme « informe », inspirées par sa perception aiguë de la nature. C’est précisément à cette immersion que le musée des beaux-arts de Caen invite en présentant, dans le cadre de son cycle « Résonance », environ 170 œuvres de...

Gérard Traquandi (né en 1952), Enna, 2016, huile sur toile, 300 x 180,5 cm, collection... Gérard Traquandi. L’approbation de la nature
Gérard Traquandi (né en 1952), Enna, 2016, huile sur toile, 300 180,5 cm, collection Marc et Martine Jardinier.
© David Giancatarina

Plonger dans les œuvres de Gérard Traquandi, c’est plonger dans l’ivresse des couleurs et de la forme « informe », inspirées par sa perception aiguë de la nature. C’est précisément à cette immersion que le musée des beaux-arts de Caen invite en présentant, dans le cadre de son cycle « Résonance », environ 170 œuvres de l’artiste marseillais, au sein des salles dédiées aux XXe et XXIe siècles et du cabinet d’art graphique. Parmi elles, 150 dessins exécutés entre 2012 et 2022 illustrent sa virtuosité à capter l’infime, avec peu de moyens, mais aussi sa capacité à s’affranchir du motif. « Dessiner ce n’est pas décrire, mais écrire », aime-t-il dire. De ses dessins au crayon ou de ses aquarelles – paysages, natures mortes, portraits – réalisés sur de petites feuilles à carreaux et scénographiés à la manière d’un « nuage », des lignes abstraites semblent souvent s’échapper. Au rez-de-jardin, sa grande « Jarre baroque » en terre cuite (2009) narre le caractère primordial de la matière, près de son « dessin mural », fluide, linéaire, exécuté in situ, rappelant l’omniprésence du végétal et de son caractère abstrait, dans son corpus. Au sous-sol, une vingtaine de toiles révèlent le pouvoir de la couleur à capturer « la sensation et le motif ». Trouées de lumière, fragments de cieux, traces dans l’herbe enneigée semblent surgir de ces grands formats aux tons acidulés, teintes pastel, ou aux reflets irisés. Dans l’atrium ouvert sur les salles voisines, des cascades paraissent jaillir de quatre toiles monumentales aux effets chromatiques captivants, réalisées spécifiquement pour le lieu très lumineux. Un ensemble qui suggère un monde aux confins du sacré, propice à la méditation. Accompagnées souvent par des cartels très parlants, les toiles aux tonalités quasi maniéristes ne génèrent aucune rupture avec les collections anciennes. Au contraire, elles créent un dialogue et prolongent l’histoire de la peinture dont cet artiste de l’« entre-deux » est un fervent admirateur.

Musée des beaux-arts, château, Caen (14),
Jusqu’au 4 septembre 2022.
www.mba.caen.fr
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