Galerie Templon : James Casebere On the water’s edge

Le 21 janvier 2020, par Sophie Bernard
James Casebere, Santa Teresa White Duplex, 2019, tirage pigmentaire encadré et monté sur Dibond, 124,6 160,4 5,7 cm.
Copyright of the artist/Courtesy Galerie Templon Paris Brussels

Il s’agit de photographie, et pourtant les grands formats et les couleurs – souvent flamboyantes – font planer le doute dans l’espace historique de la galerie Templon : on croirait voir de la peinture. Sobrement encadrés, les tirages sont peu nombreux, pas plus d’une dizaine. Le caractère minimal de la scénographie contraste ici avec la sophistication qui a présidé à l’élaboration de ces intrigants paysages, entièrement produits en studio. Tout commence par la construction de maquettes d’une cinquantaine de centimètres de hauteur, inspirées d’architectures que James Casebere (né en 1953) a découvertes lors de ses voyages et qu’il immerge en partie dans de la résine. Les reflets déformés dans le liquide figé représentent la mutation actuelle de notre monde sous l’effet du réchauffement climatique. Passé maître dans l’art de la mise en scène et du montage, l’artiste américain y associe sporadiquement en arrière-plan des prises de vue réelles qu’il réalise aux alentours de New York, où il demeure. Séduisantes, ses compositions ont pourtant un parfum de fin du monde : les habitations sont majoritairement sur pilotis pour échapper à la montée des eaux que l’on pressent inévitable, et l’humain n’est jamais représenté. Cette absence signifie-t-elle qu’il est déjà trop tard ? Pas certain, car Casebere reste optimiste et aime brouiller les pistes, tant géographiques que temporelles. Avec cette dernière série faisant l’objet de sa cinquième exposition à la galerie, il invite à méditer tant sur le présent que sur l’avenir.

Galerie Templon,
30, rue Beaubourg, Paris 
IIIe, tél. : 01 42 72 14 10.
Jusqu’au 7 mars 2020.
www.templon.com
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