Galerie Nicolas Bourriaud : Notre Biennale 2021

Le 05 octobre 2021, par Anne Doridou-Heim
Joseph Bernard (1866-1931), Les Chants immortels, bronze à patine noire, fonte Claude Valsuani, cire perdue, numéroté 5, vers 1910, 46,5 25 16,7 cm avec socle. 
© Galerie Nicolas Bourriaud

Fidèle aux sculpteurs des XIXe et XXe siècles, Nicolas Bourriaud les met en scène dans son nouvel espace du quai Voltaire : une trentaine de pièces rigoureusement choisies pour leur signature, leur histoire, leur inscription dans une époque et surtout pour les bronzes la qualité de leur fonte, un point essentiel et qui fait toute la différence chez les collectionneurs. Aux côtés du Flamant en marche de Rembrandt Bugatti, tout en gracilité, la belle tête pour Les Chants immortels de Joseph Bernard impressionne par sa présence presque mystique. Elle fait écho à un plâtre d’Antoine Bourdelle représentant Beethoven à la colonne, yeux fermés. L’artiste éprouvait pour ce dernier une fascination quasi obsessionnelle, actuellement mise en scène au musée Bourdelle («Bourdelle devant Beethoven», jusqu’au 12 décembre). Pour cette œuvre, il s’est inspiré d’une empreinte prise sur le vif par le sculpteur Franz Klein en 1812. Avec cette effigie totalement refermée sur elle-même, aux mâchoires contractées, au front plissé et à la chevelure tourmentée, le génie du musicien est encore plus prégnant. Deuxième axe de cette promenade dans la figuration : l’art animalier. Il égrène différentes sensibilités qui toutes traduisent une modernité, que ce soit avec un Ânon ou ânesse de trois semaines de Jane Poupelet, un Couple de chouettes effraies en marbre de Josette Hebert Coëffin, un Coq des frères Jan et Joël Martel ou encore une Oie sur terrasse arrondie de François Pompon. Cela conduit naturellement à l’une des œuvres les plus fortes, le Thésée combattant le centaure Biénor d’Antoine-Louis Barye. Cette pièce a été présentée à la première Exposition universelle de Paris de 1855, où elle a été honorée d’une grande médaille d’honneur pour sa «fleur de fonte». Le sculpteur lui avait volontairement laissé ses coutures pour démontrer sa qualité technique, ce que le jury d’alors n’avait pas manqué de relever.

Galerie Nicolas Bourriaud,
1, quai Voltaire, Paris VIIe, tél. : 01 42 33 66 72.
Jusqu’au 23 octobre 2021.
galerienicolasbourriaud.com
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