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Foire Expo Chicago, le retour de la belle Américaine

Publié le , par Alexandre Crochet

Misant sur la diversité, la foire d’art contemporain Expo Chicago a fait son retour avec pour ambition de redevenir plus internationale.

Foire Expo Chicago, le retour de la belle Américaine
Expo Chicago 2022.
COURTESY EXPO CHICAGO. PHOTO JUSTIN BARBIN

La discrète Expo Chicago joue sa propre partition. Née en 1980, bien avant le lancement en Amérique d’Art Basel Miami Beach, Frieze Los Angeles ou même de l’Armory Show, elle a ensuite été rattrapée et distancée par ces concurrents. En 2011, elle a failli s’arrêter, avant d’être reprise et relancée l’année suivante par Tony Karman, son président actuel. Changement de timing pour son retour en 2022 : elle a troqué septembre pour avril. «L’ironie du sort, c’est qu’à l’issue d’une pause de plus de deux ans de pandémie, nous sommes revenus à notre créneau d’il y a des années. Nous devons faire un reset de ce qui a été construit depuis dix ans, pour en refaire une foire à succès», confie Tony Karman. Et d’ajouter : «Certaines galeries qui venaient auparavant n’ont pu le faire cette fois-ci. Mais je suis confiant pour les prochaines éditions. Le comité de sélection a fait un travail formidable pour maintenir la diversité de la foire avec des galeries sud-américaines, d’Afrique du Sud, d’Europe…» Diversité : ce mot devenu un leitmotiv de nos jours prend tout son sens aux États-Unis, et spécialement à Expo Chicago, avec une très forte représentation, sur les stands comme dans le public, des «communautés» noire, latino mais aussi queer. Après des siècles de suprématie blanche, les représentations du modèle black dominent dans les œuvres figuratives – délibérément flashy avec Devan Shimoyama chez Kavi Gupta, galeriste de Chicago, rapprochement amoureux entre Noirs et Blancs avec les photos de Paul Mpagi Sepuya chez Vielmetter de Los Angeles –, quand d’autres s’emparent de problématiques sociétales comme l’expropriation d’un Noir en 1962, objet d’une installation sur le stand de Weinberg/Newton. Les questions identitaires et les liens avec l’Afrique revenaient d’ailleurs dans les sujets des débats organisés par Art Chicago. Cardinale pour les galeries locales – Mariane Ibrahim, récemment installée aussi à Paris, Gupta, Document, Monique Meloche Gallery –, qui visent les collectionneurs de Chicago et du vaste Midwest, ainsi que les institutions de la Windy City et d’ailleurs, la foire offre aussi un potentiel intéressant pour les enseignes européennes. À condition de préférence de montrer un artiste d’origine étatsunienne comme La Forest Divonne avec Jeff Kowatch, Américain de Los Angeles établi en Belgique, ou encore mieux, basé à Chicago, tel Eduardo Kac à la galerie parisienne Charlot. Déjà venue en 2019, la galerie Papillon s’est délestée d’une vidéo de Javier Pérez, auquel elle consacrait tout son stand. Sans toutefois la frénésie des plus grosses foires, les transactions ont été abondantes. Monique Meloche a placé une œuvre d’Ebony G. Patterson dans une institution importante, et vendu des pièces de Sheree Hovsepian, qui fait partie de l’exposition internationale de la Biennale de Venise 2022. Kasmin, poids lourd de New York, a cédé des œuvres d’artistes comme Robert Motherwell ou Bernar Venet pour des prix allant de 10 000 à 100 000 $. Pour soutenir les jeunes galeries, le Northern Trust a acquis huit œuvres dans la section Exposure qui leur est dédiée, à destination d’institutions américaines. Si l’ancrage régional d’Expo Chicago n’est plus à démontrer, elle devra toutefois poursuivre ses efforts pour s’internationaliser davantage, alors que collectionneurs et galeries ont à nouveau l’embarras du choix côté foires…

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