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Estampes japonaises du Kisokaido au musée Cernuschi

Publié le , par Emmanuel Lincot

Belle renaissance de Cernuschi après une rénovation de neuf mois (voir Gazette n° 23, 12 juin 2020), et en y accueillant cent cinquante estampes japonaises, dont certaines sont pour la première fois montrées au public. Deux séries complètes du Kisokaido – chemin longeant la mer, aux reliefs escarpés, reliant Edo (actuelle...

Keisai Eisen (1790-1848), Les Relais de la route du Kisoji, relais n° 41, Nojiri :... Estampes japonaises du Kisokaido au musée Cernuschi
Keisai Eisen (1790-1848), Les Relais de la route du Kisoji, relais n° 41, Nojiri : vue du pont de la rivière Inagawa, 1835-1838, xylogravure polychrome, format oban yoko-e.
© Fundacja Jerzego Leskowicza

Belle renaissance de Cernuschi après une rénovation de neuf mois (voir Gazette n° 23, 12 juin 2020), et en y accueillant cent cinquante estampes japonaises, dont certaines sont pour la première fois montrées au public. Deux séries complètes du Kisokaido – chemin longeant la mer, aux reliefs escarpés, reliant Edo (actuelle Tokyo) à Kyoto –, l’une appartenant au musée, l’autre à la collection Georges Leskowicz, sont ici présentées. L’on suit avec Eisen (1790-1848), Hiroshige (1797-1858) et Kunioshi (1797-1861) les différentes étapes d’un Kisokaido d’avant l’ère Meiji et la révolution industrielle. Au fil de ce parcours rythmé par une très belle scénographie, dont la nuance bleu nuit des cimaises fait ressortir la remarquable polychromie des gravures exposées, sont également présentés des objets précieux, armures, katana avec montures en shakudo – alliage de cuivre et or – et nécessaires à pique-nique en bois laqué noir. On ne peut toutefois que regretter l’absence de la série des œuvres originales de l’un des plus grands noms, sinon le plus prolifique des auteurs d’ukiyo-e, le dénommé Kunisada (1786-1865). Sa série d’acteurs de Kabuki, qui devait initialement être prêtée par le Museum of Fine Arts de Boston, n’a pu rejoindre l’exposition en raison de la crise sanitaire. En remplacement, un bien pauvre dispositif numérique a été proposé aux visiteurs. Ils pourront toutefois se délecter de la quiétude des paysages enneigés ou de ces rochers aux formes angulaires ou cubiques. À moins qu’ils ne se laissent happer par ces scènes inspirées de la démonologie shintoïste qui leur feront pénétrer le monde des enfers et des fantômes ; des extraits des chefs-d’œuvre du cinéaste Mizoguchi (1898-1956) auraient pu en rappeler les filiations plus contemporaines, tant il est vrai que ces fables n’ont jamais cessé de nourrir l’imaginaire de l’archipel.

Musée Cernuschi,
7, avenue Vélasquez, Paris VIII
e, tél. : 01 53 96 21 50
Jusqu’au 8 août 2021.
www.cernuschi.paris.fr
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