Entre figuration libre et art urbain

Le 27 janvier 2017, par Anne Foster

Olivier Rizzo alias Speedy Graphito est un artiste apparenté aux graffitistes. Son glossaire iconographique est cependant proche de la figuration libre. Il aime les rencontres étranges ; ici, il se réapproprie des icônes de Disney, des Looney Tunes…

Speedy Graphito (né en 1961), Scène de chasse, 2011, acrylique sur toile, 115 x 140 cm.
Estimation : 14 000/16 000 €

Le jeune Olivier dut regarder beaucoup de dessins animés à la télévision et en particulier les personnages des Looney Tunes et les héros de Disney. On les retrouve d’œuvre en œuvre, et même dans son pseudonyme d’artiste : «Speedy Gonzales» n’est-elle pas la souris la plus rapide du monde ? Un don bien utile aux graffitistes. Ici, nous avons un Porky chasseur de safari, si l’on en croit son costume néocolonial, un des plus anciens figurants des Looney Tunes, déambulant dans un paysage très disneyen, avec d’étranges Bambi, bleus ou roses. Dans cette Scène de chasse, on se demande si ce ne sont pas les papillons multicolores qui poursuivent le cochonnet ; il affiche du reste un étonnement comique. Speedy Graphito, en digne passionné d’histoire de l’art, ne s’arrête pas à une interprétation des comics américains. De l’expressionnisme abstrait, il se saisit des coulures «qui pour moi disent un rapport à l’espace, à la matière, à l’énergie, au temps, explique-t-il. Elles ont une dimension un peu aléatoire que je trouve forte». L’art et les films d’animation sont deux mondes qu’il aime associer, livrant ainsi des toiles ludiques, fortement colorées avec toutefois une certaine ironie, un petit regard en coin qui vous dit : «Je ne suis pas dupe». L’artiste  dont on peut voir une exposition au musée du Touquet jusqu’au 21 mai  développe sa démarche : «Un superhéros ou un personnage de Walt Disney fait partie de la culture mondiale.» Reconnu comme l’un des pionniers du mouvement street art français avec le collectif X-Moulinex, Speedy Graphito s’impose aujourd’hui internationalement comme artiste. Il investit de son style, particulier et incisif, les divers genres : peinture, sculpture, installation, photo ou vidéo. Et même l’art numérique avec Welcome to Venus (2000). Il garde un œil critique sur le marché de l’art : «J’ai peint des Picsou avec des bombes aérosols, à cause de cette mise en avant soudaine du street art comme le nouveau truc à la mode. […] Ça m’amusait de traduire ce côté commercial de la récupération, avec beaucoup d’ironie.» Depuis quelques années, il a aussi établi un atelier à Los Angeles, cité vibrante, excessive, m’as-tu-vu mais également très sophistiquée culturellement. Un peu comme lui, diplômé de l’École d’art Estienne à Paris en 1983, possédant une connaissance technique et artistique importante. Speedy cherche à décrypter le monde qui l’entoure, superposant diverses réalités, mêlant abstraction et figuration sur de mêmes grandes compositions.

vendredi 03 février 2017 - 15:00 - Live
Salle 6 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
De Baecque et Associés ,
Leclere - Maison de ventes
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