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Dessins français du XIXe siècle

Publié le , par Henri Guette

Bien sûr on trouve une feuille de Delacroix et une autre d’Ingres, mais dans l’accrochage des dessins français de la Fondation Custodia, c’est surtout l’ambition de révéler un autre XIXe siècle que l’on retient. Aux côtés de l’exposition Bonvin (voir l'article Le train aux enchères file à toute vapeur ! de la Gazette n° 36...

James Tissot (1836-1902), Le Vestiaire, vers 1885, graphite, 33,9 x 42,6 cm.© Fondation... Dessins français du XIXe siècle
James Tissot (1836-1902), Le Vestiaire, vers 1885, graphite, 33,9 42,6 cm.
© Fondation Custodia

Bien sûr on trouve une feuille de Delacroix et une autre d’Ingres, mais dans l’accrochage des dessins français de la Fondation Custodia, c’est surtout l’ambition de révéler un autre XIXe siècle que l’on retient. Aux côtés de l’exposition Bonvin (voir l'article Le train aux enchères file à toute vapeur ! de la Gazette n° 36 du 14 octobre), la sélection fait en effet la part belle aux petits maîtres et aux œuvres méconnues. Embrassant différents genres, mais en se concentrant sur le paysage, les dessins présentés font autant état de relations d’amitiés, par le jeu de dédicaces et de portraits croisés, que de la sensibilité d’une époque. On peut voir le passage obligé à Rome dans les aquarelles presque abstraites des frères Flandrin et, face aux mutations de la ville et troubles politiques, le refuge que trouvent les artistes au contact d’une nature romantique. Tout le travail de commissariat, pour reprendre une expression de Ger Luijten, directeur de la fondation, réside dans l’exercice musical du contrepoint. Du jeu d’ombres et de lumière que Michel Mandevare essaie de rendre sur des rochers à ceux de l’exercice de drapés de Pauline Auzou, il n’y a qu’un pas. Le parcours, quoique fortement documenté par le catalogue et la récente mise en ligne du fonds de dessins et le livret d’exposition, est avant tout sensible, poétique. L’évocation des bords de mer normands, qui rassemble Isabey, Boudin et Jongkind, dessine une ligne d’horizon qui permet de comprendre un jeu d’émulation, la liberté que pouvaient trouver les artistes dans le dessin. L’une des plus belles découvertes concerne ainsi les dessins d’arbres d’Auguste Cabuzel, plus connu pour ses peintures mondaines et, à l’inverse, une vue d’atelier d’Henri Harpignies, le Michel-Ange des arbres, plus connu pour ses paysages extérieurs. Pleine de surprises, cette exposition, qui revendique le plaisir de l’amateur comme ligne directrice, rebat les cartes. Elle laisse entrevoir par les noms alignés toute la diversité d’une époque prise entre académisme et modernité.


Fondation Custodia, 121, rue de Lille, Paris VIIe,
tél. 
: 01 47 05 75 19.
Jusqu’au 8 janvier 2023.
www.fondationcustodia.fr
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