De la Russie tsariste aux ports de France

Le 07 mars 2019, par Anne Doridou-Heim
Johann Baptist Lampi (1751-1830), Portrait présumé du comte Ivan Alexandrovich Apraksin en uniforme de brigadier d’infanterie de l’armée impériale russe, huile sur toile, 70 55 cm.
Adjugé : 83 200 

Avec ce Portrait présumé du comte Ivan Alexandrovich Apraksin en uniforme de brigadier d’infanterie de l’armée impériale russe, dont le parcours glorieux au service de celle-ci était relaté par la Gazette no 7 du 22 février (page 49), Johann Baptist Lampi (1751-1830) décrochait à 83 200 € un record français (source : Artnet). Le modèle y a fort belle allure et semble conscient de la route jalonnée d’honneurs et de reconnaissance qui s’ouvre devant sa jeune carrière. Lampi ne s’y est pas trompé en le fixant sur la toile. Arrivé en Russie en 1791 à 40 ans tout juste et déjà auréolé du succès reçu pour son talent de portraitiste, l’artiste reçoit aussitôt des commandes des familles de la noblesse avant d’exécuter, en 1793, celui de la Grande Catherine. La prospérité accompagnera cette installation, tout comme les décorations ! En 1799, il est honoré de l’ordre de Sainte-Anne puis, en 1810, de celui de Saint-Vladimir et enfin, en 1812, de celui de Saint-Alexandre Nevski. Trois ordres prestigieux réservés à une élite et attribués avec parcimonie. C’est peu de dire le bon accueil lui ayant été accordé par la Russie tsariste.
Autres rivages
La vente se poursuivait avec des bijoux 42 880 € saluaient une bague en platine ornée d’un diamant taillé en forme de cœur de 3,98 ct , des objets de vitrine voir l’étonnante tabatière «dogue» page 138 , des céramiques européennes 4 224 € pour une suite de six assiettes et deux coupes en porcelaine de la Compagnie des Indes et des tableaux modernes, qui menaient vers d’autres rivages. Ceux de l’Atlantique précisément, avec Le Port de La Rochelle (29 21 cm). Celui-ci était aquarellé en 1916 par Paul Signac (1863-1935), dans un style fluide immédiatement reconnaissable, et obtenait 16 000 €. Cette vue préfigure la série des «Ports de France» que Signac réalisera à l’aquarelle à la fin des années 1920 au cours d’un périple de deux ans quarante lieux situés sur les côtes de la Manche, quarante sur l’océan Atlantique et vingt sur la Méditerranée et témoigne de la passion du peintre pour la mer et les voiliers. 

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